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découverteDerniers travaux avant la ruée

La presse a été invitée à entrer dans le musée Chaplin, un mois avant son ouverture, le 17 avril à Corsier-sur-Vevey (VD). Suivez le Kid!

par
Laurent Flückiger

Les fans d'Elvis ont Graceland à Memphis, les amoureux de Charlot auront Chaplin's World à Corsier-sur-Vevey. La comparaison n'est pas exagérée. «Charlie Chaplin a été le plus grand people de son époque et était reçu comme un chef d'Etat», décrit Yves Durand. Et nombreux sont ses fans encore aujourd'hui. C'est dans la tête de cet homme (et de celle de l'architecte Philippe Meylan) qu'a germé, en 2000 déjà, l'idée d'un musée sur la propriété du Manoir de Ban. Là où l'homme de cinéma a vécu les vingt-cinq dernières années de sa vie en compagnie de son épouse Oona et de ses huit enfants. Seize ans plus tard, avec près de 60 millions de francs investis et un contrat de trente ans signé avec la Compagnie des Alpes pour le gérer, le musée s'apprête enfin à ouvrir au public, le 17 avril. Le concepteur nous en fait la visite.

LE MANOIR

C'est la partie patrimoniale. Dans ce bâtiment entièrement refait, même s'il est encore vide aujourd'hui, il est facile d'imaginer que le visiteur vivra une immersion dans l'intimité de Charlie et de sa famille, chez l'homme qui se cache derrière le cinéaste, chez l'humaniste. Au rez-de-chaussée, les pièces accueilleront à nouveau les meubles et les objets de l'époque. La bibliothèque reflétera la passion de Chaplin pour Dickens. Son piano trônera au milieu du salon où ont eu lieu plusieurs jam-sessions. Et la salle à manger retrouvera la table où s'asseyait toute sa smala à 18 h 45 précises. Partout, des écrans montreront des extraits de ses films, notamment familiaux. Ici, des magazines d'époque rappelleront que Charlie a été désigné comme un mauvais patriote par les Etats-Unis, qui finiront par l'expulser en 1952. A l'étage de ce manoir, où il a pris racine dès le 6 janvier 1953, on entre dans une salle rappelant les grands noms qu'il a côtoyés, de Churchill à Einstein. Dans la pièce, aussi, où Chaplin est décédé le soir de Noël 1977, et dans la chambre à coucher, qui rend hommage à Oona. D'ailleurs, on y verra la version en cire de son épouse. C'est le seul point noir de la visite, à notre sens: 36 personnages signés By Grévin (dont Michael Jackson!) seront disséminés sur le site. Un savoir-faire que la Compagnie des Alpes, qui en est le propriétaire, souhaitait intégrer. «On avait des interrogations, reconnaît Yves Durand. Mais, au final, c'est assez étonnant, ça amène de la valeur ajoutée.»

LE STUDIO

On retrouve l'univers cinématographique de Charlie Chaplin dans un bâtiment de 1350 m2 construit spécialement sur le domaine (dont l'intérieur est encore interdit aux photographes). C'est la partie la plus ludique, qui rend hommage au cinéaste comme à la pantomime. Easy Street, la rue utilisée dans plus de vingt films, a été reproduite. L'escalier des «Temps modernes» nous emmène à l'étage inférieur, où les décors emblématiques ont été reconstruits. Ici, la cabane de «La ruée vers l'or». Là le salon de barbier du «Dictateur». Là encore, une fois passée la porte d'une prison de commissariat, un trou s'ouvre sur une banque. C'est dans cette zone que le public reconnaîtra aussi le costume de Charlot, que l'acteur avait fait venir de Beverly Hills, une fois exilé en Suisse. Le final est inspiré des «Lumières de la ville», l'adieu de Chaplin au cinéma muet: «Le visiteur sera sur scène pour vivre l'émotion d'un artiste qui reçoit la reconnaissance d'une foule», explique Yves Durand.

LES ALENTOURS

Le parc fait 4 hectares. Une fois son billet en poche (17 fr. pour les enfants, 23 fr. pour les adultes), on pourra, comme Charlie et Oona aimaient le faire, y pique-niquer en achetant un panier garni au restaurant. Celui-ci, baptisé The Tramp, semi-gastro et libre d'accès, sera également ouvert en soirée. A noter que le Modern Times Hotel, un établissement 4 étoiles dédié à l'univers de Charlie Chaplin, doit être inauguré le 22 mars à Saint-Légier, à 1 km du musée.

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