Ski alpin: Derrière la décontraction, la détermination

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Ski alpinDerrière la décontraction, la détermination

Révélation de l'hiver dernier, et 6e du géant de Courchevel ce mardi, Mélanie Meillard a su gérer les attentes et continue à skier en toute liberté.

par
Gaëlle Cajeux
Courchevel
Mélanie Meillard a signé le meilleur résultat de sa carrière en géant ce mardi à Courchevel (6e).

Mélanie Meillard a signé le meilleur résultat de sa carrière en géant ce mardi à Courchevel (6e).

Keystone

Elle le glisse en fin d'entretien, Mélanie Meillard. Dans un sourire malin. «En fait, je me cache bien… L'air extérieur ne traduit pas forcément ce qui bouillonne à l'intérieur.» Elle qui paraît toujours si tranquille confesse une certaine promptitude à l'énervement. À la maison, quand son frère aîné, Loïc, la «cherche». À l'entraînement, «quand je me dis: «Mais là, ça ne va pas, je suis trop lente!» Je m'énerve et puis ça va.»

Elle «découpe» les manches

En ce moment, ça va très bien pour Mélanie Meillard. Depuis les dernières épreuves techniques, il y a trois semaines à Killington, la jeune femme de 19 ans a profité de quelques jours de repos à la maison, avant d'enchaîner les journées d'entraînement. De qualité. Au point de «découper» certaines manches de slalom.

Peaufinant sa position, elle progresse également en géant, discipline qui l'attendait ce mardi à Courchevel (6e rang final), avant le slalom parallèle de mercredi. Sur une piste qu'elle découvrait. «L'avantage, c'est que je n'allais pas penser: «C'est là que j'ai fait une faute l'année dernière» ou «Ce passage est compliqué». Là, je ne savais pas, alors autant tout donner!»

La méthode a fait ses preuves la saison dernière. Pour ses premières apparitions en Coupe du monde, la skieuse d'Hérémence a claqué pas moins de quatre tops 10. Finales en apothéose à Aspen, avec cette 5e place en slalom. Des performances qui ont un revers. Avec elles, elle découvre la pression en abordant cet hiver. «C'est sûr que parfois, ça me trottait dans la tête. J'avais peur de ne pas avoir le même niveau que l'année passée. De ne pas être capable de faire au moins aussi bien.»

«Elle sait exactement où elle va»

Malgré deux sorties de piste en quatre courses, son début de saison la rassure. «Je ne suis pas sortie en faisant des trucs bêtes. Je ne regrette pas du tout, parce que je n'ai pas mal skié. C'est juste que j'étais vraiment vite et, du coup, ça peut arriver.» Et puis ses trois résultats validés sont une 5e place en slalom, de même qu'une 9e et une 6e places en géant. Du solide.

«Dès qu'on a recommencé l'entraînement cet été, elle a skié tellement fort! Ça démontre un énorme potentiel. On l'a déjà un peu aperçu, mais il va vraiment sortir lorsqu'elle sera installée dans le top 7, qu'elle partira devant, avec un petit dossard. Là, où tu peux vraiment profiter de la piste. Prendre plus de risques», se réjouit Denis Wicki.

L'entraîneur savoure cette chance d'accompagner l'éclosion d'un talent rare. «Il y a une finesse, une précision très importante dans ce qu'elle fait. Elle est méticuleuse, consciencieuse. Quand on la voit, si décontractée, on pourrait penser qu'elle ne l'est pas. Mais c'est le contraire. Tout est super-clair dans sa tête. Elle sait exactement où elle va, ce qu'elle veut. Et en plus, elle n'est pas nerveuse.»

Même après un entraînement moyen, le manque de confiance est fugace. «Parce que je sais que je suis différente en course. J'ai une autre mentalité, je mets plus d'intensité, de niaque, s'amuse Mélanie Meillard. Je ne sais pas vraiment pourquoi, ça vient inconsciemment, dès que je suis dans le portillon.»

MÉLANIE MEILLARD

Naissance: le 23 septembre 1998, à Bôle (NE).

Débuts: Ski-Club Hérémencia.

Coupe du monde: 26 départs en géant, slalom, super-G et super-combiné.

Meilleures performances: Coupe du monde: 5e aux slaloms de Levi et d'Aspen, 6e au géant de Courchevel (2017); championnats du monde: 13e du géant de Saint-Moritz (2017); championnats de Suisse: 1re du slalom et du géant (2017).

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