Discrimination: Des artistes noirs portent plainte contre YouTube
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DiscriminationDes artistes noirs portent plainte contre YouTube

Quatre artistes américains demandent réparation pour «les discriminations raciales systématiques, ouvertes et intentionnelles perpétrées par YouTube».

Les requérants considèrent que la plateforme exerce un pouvoir démesuré sur les contenus vidéo disponibles et sur la façon d’en tirer des revenus.

Les requérants considèrent que la plateforme exerce un pouvoir démesuré sur les contenus vidéo disponibles et sur la façon d’en tirer des revenus.

Keystone

Des créateurs de contenus sur YouTube ont lancé une action en justice contre la plateforme de Google, qu'ils accusent de discrimination contre les artistes noirs. La plainte survient dans un contexte de tensions sur les questions d'égalité raciale aux États-Unis.

Les requérants «intentent ce procès pour réparer les discriminations raciales systématiques, ouvertes et intentionnelles perpétrées par Google/YouTube», déclarent-ils en préambule de leur dossier de plus de 200 pages, déposé mardi dans une cour fédérale californienne.

Kimberly Carleste Newman, Lisa Cabrera, Catherine Jones et Denotra Nicole Lewis considèrent que la plateforme exerce un pouvoir démesuré sur les contenus vidéo disponibles et sur la façon d'en tirer des revenus. Le modèle économique de YouTube, comme la plupart des réseaux sociaux, repose sur un ciblage publicitaire très fin et à très grande échelle.

Les prix payés par les annonceurs et les montants perçus par les créateurs dépendent de nombreux paramètres, dont le nombre d'abonnés à une chaîne ou le nombre de vues par vidéo. La filiale du groupe américain «divise les contenus vidéo en fonction de l'ethnie, de l'identité et des points de vue afin de vendre des publicités à des tiers, sans s'occuper des contenus», argumentent les plaignants.

Portraits enlevés au Capitole

La plateforme «monétise les créateurs dont les abonnés et le public tombent dans la 'bonne démographie' et leur verse des millions de dollars tous les mois, que ces individus se conforment aux règles du réseau ou non», ajoutent-ils. Chacun des quatre créateurs accuse en outre YouTube d'avoir retiré des vidéos, voire même leur chaîne, sans raison valable ou sans raison tout court.

Le congrès des États-Unis a pour sa part décroché jeudi quatre portraits de confédérés, sur ordre de la chef des démocrates Nancy Pelosi, pour qui leur image symbolisait un «racisme grotesque» dans une Amérique en plein mouvement de protestation historique contre les brutalités policières et les discriminations. Les quatre portraits retirés représentent des présidents de la Chambre du 19e siècle qui avaient aussi servi sous les couleurs confédérées: Robert Hunter (Virginie), Howell Cobb (Géorgie), James Orr (Caroline du Sud) et Charles Crisp (Géorgie).

«Il n'y a pas de place dans les vénérables couloirs du congrès ou tout autre endroit honorifique pour conserver la mémoire d'hommes qui incarnent l'intolérance violente et le racisme grotesque de la confédération», a écrit la présidente de la chambre des représentants, en référence aux États américains du sud qui s'étaient battus contre l'abolition de l'esclavage lors de la guerre de sécession (1861-1865).

Google porte à 1 milliard de dollars ses crédits publicitaires aux associations

Google a annoncé jeudi 200 millions de crédits publicitaires pour les ONG, portant le total pour 2020 à 1 milliard de dollars (950 millions de francs), afin d’aider les associations à lever des fonds, notamment dans les domaines de la santé et de l’injustice raciale. Le géant de la recherche sur internet a fait le constat de l’explosion des besoins des organisations combinée à l’assèchement des dons. À la crise sanitaire s’ajoute la prise de conscience aux États-Unis et ailleurs du racisme systémique à l’égard des personnes noires et racisées. Fin mars, le groupe californien avait déjà consacré 600 millions de dollars (570 millions de francs) aux institutions de santé et aux PME, pour qu’elles puissent continuer à communiquer avec les citoyens et les consommateurs malgré la distanciation sociale.

(ats)

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