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EspaceDes astrophysiciens mesurent un possible signal de matière noire

Grâce à l'expérience en physique des particules AMS, installée à bord de la station spatiale ISS, des indices menant à la mystérieuse matière sombre ont peut-être été découverts.

La matière sombre, ou noire est invisible. Des observations indirectes indiquent toutefois qu'elle compose un bon quart de l'ensemble de l'énergie présente dans l'univers.

La matière sombre, ou noire est invisible. Des observations indirectes indiquent toutefois qu'elle compose un bon quart de l'ensemble de l'énergie présente dans l'univers.

Keystone

L'expérience AMS, ou spectromètre magnétique Alpha 2, mesure le rayonnement cosmique d'un flot de particules de haute énergie volant à travers l'univers. Une quantité inhabituellement importante de positrons, des particules élémentaires chargées positivement, vient d'être détectée, ont révélé les physiciens concernés dans la revue spécialisée «Physical Review Letters».

Cet excédent de positrons pourrait signifier la présence de matière sombre, qui n'avait jusqu'ici jamais pu être mesurée directement, a déclaré un porte-parole du CERN. Il n'existe aucun phénomène connu capable de produire un tel signal, a-t-il ajouté.

La matière sombre, ou noire, interagit à peine avec la matière visible. Elle n'envoie pour cette raison aucun signal lumineux et est donc invisible. Sa nature est toujours inconnue. Des observations indirectes indiquent toutefois qu'elle compose un bon quart de l'ensemble de l'énergie présente dans l'univers.

Les données disponibles n'excluent pas encore que cet excédent de positrons pourrait provenir d'une autre source, a indiqué le CERN. Ces positrons pourraient être émis par des objets similaires aux étoiles, des pulsars par exemple.

Matière jusqu'ici inconnue

Par des mesures précédentes effectuées par satellite, on avait déjà observé un tel excédent d'antimatière. Mais les mesures de l'expérience AMS sont dix fois plus précises, a affirmé Martin Pohl, physicien de l'Université de Genève, impliqué dans ces travaux. Le détecteur AMS est capable de passer en revue en seulement un an la plus grande quantité de rayons cosmiques jamais mesurée.

Ce résultat pourrait s'avérer important, a déclaré Martin Pohl. La proportion de matière connue présente dans l'univers pourrait être relevée de 5 à 30% de l'ensemble de l'énergie.

Plus de 600 scientifiques du monde entier travaillent à l'expérience AMS. En Suisse, l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) collabore sur le projet avec l'Université de Genève.

Le centre de contrôle se trouve au CERN près de Genève. Les physiciens suisses ont fourni une contribution capitale: ils ont participé à la construction du spectromètre magnétique qui différencie les charges positives et négatives et peut de cette façon détecter les positrons et les électrons.

(ats)

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