Actualisé 22.11.2018 à 08:34

Des auteurs de danses copiées dans «Fortnite» se rebiffent

Polémique

Les chorégraphies que les gamers peuvent acheter dans le jeu gratuit d'Epic Games agacent certains de leurs créateurs qui s'estiment spoliés.

par
LeMatin.ch

La semaine dernière c'était le rappeur 2 Milly. Il envisage de mettre des avocats sur le cas. Le week-end dernier, au tour de l'acteur Donald Faison de lever le lièvre (avec le sourire). Et ce ne sont pas les premiers, ça dure au moins depuis le début de l'été.

«À chaque fois que quelqu’un utilise ma danse, c'est Fortnite qui apparaît dans les crédits, alors qu’ils n’ont rien créé à part le jeu. En gros, ils s’approprient la gloire et l’argent pour mon truc, c’est dingue.», écrivait en septembre le rappeur BlocBoy JB sur son compte Twitter.

L'objet de leur agacement? Les petites chorégraphies que peuvent enchaîner les avatars des gamers dans le jeu gratuit au succès phénoménal «Fortnite». Il y en a actuellement plus de 50 en stock, toutes tirées de la pop-culture occidentale, afro-américaine ou asiatique. Elles peuvent servir à se moquer gentiment d'un adversaire, de signe de connivence ou manifester la joie d'avoir gagné.

Ce qui accentue l'irritation des artistes concernés, c'est que ces danses sont payantes dans un jeu par ailleurs gratuit. Faire payer ces «emotes» a été une idée de génie pour Epic Games tant ces danses sont rapidement devenues populaires et donc très demandées par les kids qui ont fait de «Fortnite» leur jeu de prédilection. L'affaire n'est pas seulement bonne, elle est juteuse: selon le «Wall Street Journal», depuis son lancement et jusqu'en juillet dernier, Fortnite a généré plus d’un milliard de dollars de revenus provenant d’achats dans le jeu et de micro-transactions.

Une autre chorégraphie transformée en «emote »dans le jeu, exécutée par Snoop Dogg.

Pour 2 Milly, c'est un de ses mouvements rebaptisé «Swipe it» qu'il estime être sa propriété intellectuelle.

Pour Donald Faison, qui s'exprimait dans une convention le 17 novembre dernier, c'est une danse qu'il a inventée dans un épisode de la série «Scrubs» qu'il s'étonne avoir découverte sans qu'on ne lui ait demandé la permission. Anecdote: lors de la même convention, le producteur de la série a réagit en précisant qu'Epic Games avait bien demandé le droit d'utiliser l'extrait et que ce dernier avait donné son feu vert sans demander une contrepartie «parce que ce n'était qu'une danse.»

Cela dit, il est loin d'être assuré que les «artistes» qui se considèrent lésés obtiennent réparation ou une part du gâteau. Le droit d'auteur américain protège en effet beaucoup moins les extraits chorégraphiques que, par exemple, la musique.

Mais en attendant que les juristes et avocats se délectent des cas qui ne manqueront pas de leur être soumis, la polémique enfle.

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