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DissuasionDes barbelés contre les parapentes

Un agriculteur genevois a déployé les gros moyens dans son champ pour empêcher les parapentistes indélicats d’y atterrir.

par
Laurent Grabet
Au pied du Salève, un paysan genevois a érigé un «piège antiparapente» pour protéger son champ.

Au pied du Salève, un paysan genevois a érigé un «piège antiparapente» pour protéger son champ.

Jean-Guy Python

Ces parapentistes ne m’auront pas à l’usure!» assène Claude Rosset. Que les adeptes de ce sport très populaire du côté du Salève (F) depuis la fin des années 1970 se le disent: l’agriculteur suisse de 65 ans en a marre de voir une minorité d’entre eux saccager son travail en atterrissant sur le champ de colza qu’il bichonne sur un mode agroécologique au Pas-de-L’Échelle (F) depuis cinquante ans.

Une «déclaration de guerre»

Du coup, voilà un mois, le résident de Veyrier (GE) a installé des piquets métalliques reliés de fils de fer barbelés dans la zone. Le paysan qualifie son dispositif de «piège antiparapente», même s’il ne le veut que «dissuasif». Les parapentistes voient ce geste comme une «déclaration de guerre». «Les gens qui se posent là et non pas sur l’une des trois zones d’atterrissage officielles sont des malotrus cherchant la facilité car le téléphérique du Salève est tout proche et ce champ demande peu de technique», explique l’un d’eux. Mais ce membre du club de vol libre du Salève estime aussi que le champ doit être remis en état rapidement car des collègues pourraient être amenés à y atterrir en urgence.

«Le problème, avec eux, c’est que le moindre tourbillon est une urgence», commente Claude Rosset. Le Genevois estime ne faire que se défendre avec sa démarche, qui n’a rien d’illégal. Certains jours, six personnes atterriraient dans son champ et iraient parfois jusqu’à y plier leur voile. Ce chiffre semble très exagéré pour les parapentistes interrogés.

Quoi qu’il en soit, la cohabitation entre eux et les agriculteurs du coin est tendue. «Un collègue m’a dit qu’il gardait son fusil dans la cabine de son tracteur pour les recevoir. Moi-même, j’ai une fois menacé un parapentiste de couper ses fils.» Un autre jour, l’altercation entre Claude Rosset et un parapentiste s’était soldée par un rétroviseur vandalisé à coups de pied!

«Il est déplorable et très excessif d’en arriver là», regrette de son côté Fabrice Fleury, responsable de l’école de parapente Salève Airlines. Laquelle organise 1500 vols par an à deux pas du champ de Claude Rosset, en utilisant toutefois les zones d’atterrissage ad hoc.

Une question de principe

Les déprédations constatées dans ses cultures ne coûtent quasi rien à Claude Rosset. Le paysan gagnerait plus d’argent en louant une partie de sa parcelle aux deux clubs ou aux deux écoles de parapente de la région. Mais l’agriculteur en fait une question de principe: «Je sais qu’il s’agit d’une minorité, mais ces abrutis, estimant que leur loisir est plus important que le respect du travail d’autrui, me font ch… et je ne céderai pas face à eux!»

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