Grèce  - Des «canons sonores» pour dissuader les migrants
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Grèce Des «canons sonores» pour dissuader les migrants

«Deux canons sonores ont été positionnés au sud et au nord de l’Evros», le fleuve qui marque la frontière entre la Grèce et la Turquie, par laquelle entrent de nombreux migrants en Europe.

Des migrants attendent près du fleuve Evros, près d'Edirne, dans le nord-ouest de la Turquie, pour prendre un bateau et tenter d'entrer en Grèce en traversant le fleuve, le 3 mars 2020.

Des migrants attendent près du fleuve Evros, près d'Edirne, dans le nord-ouest de la Turquie, pour prendre un bateau et tenter d'entrer en Grèce en traversant le fleuve, le 3 mars 2020.

AFP

«Deux canons sonores ont été positionnés au sud et au nord de l’Evros», le fleuve qui marque la frontière terrestre entre la Grèce et la Turquie, a annoncé jeudi à l’AFP un responsable de la police grecque de cette région frontalière, par laquelle entrent en Europe de nombreux migrants. La police grecque a acheté ce matériel ultra-moderne avec «des financements nationaux» après l’afflux de migrants survenu en février 2020 lorsque le président turc Recep Tayyip Erdogan avait annoncé qu’il laisserait passer les migrants désireux de se rendre dans l’Union européenne.

Des dizaines de milliers de réfugiés avaient alors afflué en direction de la Grèce, au poste-frontière de Kastanies (côté turc) où des échauffourées avaient eu lieu pendant plusieurs jours.

«Pas utilisés jusqu’à présent»

«Ces canons n’ont pas été utilisés jusqu’à présent car il n’y a pas eu de tentative d’incursion massive sur le territoire grec comme l’an dernier», a ajouté ce policier qui requiert l’anonymat. Selon lui, «c’est l’un des outils à notre disposition pour empêcher une éventuelle entrée illégale en masse de groupes d’immigrés sur le territoire grec». Ces canons sonores peuvent émettre un son jusqu’à 162 décibels, alors qu’une conversation normale est en moyenne de 60 décibels et qu’un jet émet environ 120 décibels, selon la chaîne de télévision grecque Skai.

En février et mars 2020, «les systèmes sonores auraient fait la différence, nous n’aurions pas été sous une telle pression suffocante», a déclaré sur Skai Panagiotis Harelas, président des garde-frontières grecs. «Ils sont portables, ils peuvent être transportés partout où c’est nécessaire. La présence de la police doit être ressentie partout pour empêcher les entrées illégales», a-t-il ajouté sur la chaîne grecque. Le long de la rivière Evros, le gouvernement grec a construit un nouveau mur d’une longueur totale de 27 kilomètres et huit observatoires surélevés, le nombre de garde-frontières a également été revu à la hausse.

«De manière humaine»

«La Commission européenne a noté avec préoccupation les rapports dans les médias concernant ce dispositif de canon acoustique» qui «aurait été utilisé afin de décourager les passages de frontières», a déclaré jeudi un porte-parole de la Commission, Adalbert Jahnz. Il a ajouté, lors d’un point presse, être «en contact avec les autorités grecques» pour obtenir «davantage d’informations» sur ce dispositif.

Sammy Mahdi, secrétaire d’État belge à l’Asile et la Migration, s’est pour sa part dit «tout à fait favorable à la garde des frontières européennes, mais encore plus à celle des valeurs européennes. L’objectif n’est pas de dissuader tous les migrants, mais de mieux contrôler la migration. Cela peut et doit se faire de manière humaine», a-t-il ajouté dans un communiqué.

En mars 2020, Athènes avait réagi de la manière forte en déployant des forces supplémentaires le long du fleuve Evros. Au pic de la crise, la présidente de la commission européenne Ursula von der Leyen, le président du Conseil Charles Michel et le président du parlement David Sassoli s’étaient rendus dans la région de l’Evros pour soutenir la Grèce dans la protection des frontières européennes.

(AFP)

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