Brésil - Des chauffeurs, pro Bolsonaro, bloquent d’importants axes routiers
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BrésilDes chauffeurs, pro Bolsonaro, bloquent d’importants axes routiers

Alors que Jair Bolsonaro demande l’arrêt des manifestations pour éviter de nuire à l’économie, les chauffeurs poursuivent leurs barrages.

Le barrage ci-dessus se situe à proximité de São Paulo.

Le barrage ci-dessus se situe à proximité de São Paulo.

AFP

Des chauffeurs routiers bolsonaristes avaient mis en place des barrages, jeudi matin, sur d’importants axes routiers dans plus de la moitié des États brésiliens, ignorant l’appel du président à cesser leur mouvement pour ne pas nuire à l’économie. Le ministère des Infrastructures a annoncé que seulement 10% des barrages routiers installés mercredi soir dans 16 des 27 États de la fédération avaient été levés.

Dans un message audio diffusé auprès de ses sympathisants, le président Jair Bolsonaro a déclaré mercredi soir que ces barrages mis en place notamment dans les États de Rio de Janeiro (sud-est), du Pará (nord), de Bahia (nord-est) ou de Santa Catarina (sud) «entravaient» la marche de la première économie d’Amérique latine. «Cela provoque des pénuries, de l’inflation, et porte atteinte à tout le monde, et particulièrement aux plus pauvres», a déclaré le chef de l’État d’extrême droite.

Cela provoque des pénuries, de l’inflation, et porte atteinte à tout le monde, et particulièrement aux plus pauvres.

Jair Bolsonaro, président brésilien

Dans l’État de São Paulo, le plus riche et le plus peuplé du Brésil, qui ne figure pas dans la liste du ministère des Infrastructures, des barrages bloquaient aussi certains grands axes, selon la presse locale.

Dans la capitale Brasília, des dizaines de poids lourds bloquaient toujours la circulation jeudi matin sur la principale avenue de l’immense esplanade des Ministères, d’où la police avait tenté en vain de les déloger dans la nuit.

Sur certaines pancartes posées sur les camions, on pouvait lire «Intervention militaire avec Bolsonaro au pouvoir» ou «Prison pour les juges corrompus de la Cour suprême», ont constaté des journalistes de l’AFP.

Manifestation depuis mardi

Ces manifestations de camionneurs ont commencé dès mardi, jour de la fête nationale brésilienne dont Jair Bolsonaro a voulu faire une journée de mobilisation de ses partisans dans les rues des grandes villes.

Le président, très mal en point dans les sondages, a harangué des foules à Brasília puis São Paulo, livrant de virulentes attaques contre la Cour suprême ou le système électoral, et exacerbant une crise institutionnelle qui dure depuis plusieurs mois.

En 2018, un grand mouvement de protestation des camionneurs notamment contre la hausse des prix du carburant avait paralysé le Brésil et entraîné des pénuries alimentaires.

Version originale publiée sur 20min.ch

(AFP)

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