Erythrée: Des crimes contre l'humanité ont encore lieu
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ErythréeDes crimes contre l'humanité ont encore lieu

L'ONU révèle que des cas d'esclavage, de torture ou de disparitions forcées ont encore cours dans le pays.

Une fillette érythréenne s'est réfugiée en Italie avec sa famille, qui a fui son pays.

Une fillette érythréenne s'est réfugiée en Italie avec sa famille, qui a fui son pays.

AFP

L'Erythrée reste responsable de crimes contre l'humanité qui doivent être examinés par la CPI. La Commission d'enquête de l'ONU a demandé mercredi à Genève aux Etats d'accorder le statut de réfugié à ses ressortissants.

Le rapport mentionne de l'esclavage, des disparitions forcées, de la torture, de la discrimination ou encore des exécutions extrajudiciaires. Et ce second document de la Commission lancée en 2014 par le Conseil des droits de l'homme cible des détentions arbitraires ou des violences sexuelles. Un premier avait été publié en juin 2015.

L'absence d'institutions démocratiques dans ce pays a contribué à un «climat d'impunité» pour les crimes contre l'humanité depuis 25 ans, a souligné le président de la Commission Mike Smith. «Ces crimes ont encore lieu actuellement». Le rapport les attribue à des dirigeants au plus haut niveau de l'Etat et au parti unique mais surtout aux forces de sécurité et à de hauts responsables militaires.

Mike Smith appelle le Conseil de sécurité à saisir la Cour pénale internationale (CPI) et tous les mécanismes adaptés pour traduire en justice les responsables. Ses collègues et lui ont notamment accumulé des preuves contre plusieurs individus.

Parlementaires désavoués

Ils demandent aussi au Conseil de sécurité d'imposer des sanctions comme des interdictions de voyager ou des gels d'avoirs. L'Union africaine (UA) doit elle établir un mécanisme d'investigation et de poursuite des responsables. La conscription militaire continue de durer très longtemps.

Aucune amélioration sur la situation des droits de l'homme dans ce pays n'a été constatée depuis le premier rapport. En 2015, plus de 47'000 Erythréens ont demandé l'asile en Europe. La Commission d'enquête demande aux pays de leur accorder le statut de réfugié.

Plusieurs parlementaires suisses s'étaient rendus en février en Erythrée dans le cadre d'un voyage privé controversé. Ils avaient affirmé qu'il était possible de se déplacer librement dans le pays et que les questions critiques pouvaient être posées. La situation «calme» montrée aux visiteurs occasionnels dément les «modèles» permanents de graves violations des droits de l'homme, explique le rapport.

Code pénal ou encore élections

La Commission d'enquête dénonce également une campagne du gouvernement érythréen pour tenter de la discréditer depuis son premier rapport. Malgré ses demandes, elle n'a pas pu accéder au territoire de ce pays.

Parmi les recommandations qu'elle présentera au Conseil des droits de l'homme, outre la fin des violations, la Commission d'enquête demande au gouvernement d'appliquer la Constitution de 1997 et de ratifier plusieurs conventions qui garantissent les droits de l'homme. Elle souhaite la mise en oeuvre des Codes pénal, de procédure pénale, civil et de procédure civile de mai 2015.

La conscription militaire doit être ramenée à un an et demi au maximum comme prévu. D'autres partis doivent être autorisés et des élections démocratiques également prévues. Les organisations de la société civile doivent aussi être validées.

(ats)

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