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Massacre en Haute-SavoieDes détails émergent sur la famille al-Hilli

La police britannique continuait d'interroger ce dimanche Zaid al-Hilli après la mort de son frère de Saad et de sa famille à Chevaline. Des détails commencent à émerger sur l'entourage des victimes.

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Le motard aperçu à proximité des lieux de la tuerie de Chevaline (F) en septembre 2012 est disculpé par les enquêteurs.

Le motard aperçu à proximité des lieux de la tuerie de Chevaline (F) en septembre 2012 est disculpé par les enquêteurs.

AFP
L'ex-mari américain caché d'Iqbal al-Hilli est mort le jour même de la tuerie. Le procureur d'Annecy Éric Maillaud a confirmé cette information. (8 juillet 2014)

L'ex-mari américain caché d'Iqbal al-Hilli est mort le jour même de la tuerie. Le procureur d'Annecy Éric Maillaud a confirmé cette information. (8 juillet 2014)

AFP
Un ancien légionnaire et ancien parachutiste, entendu dans le cadre de l'enquête sur le quadruple meurtre de Chevaline en avril 2013, s'est suicidé mardi en expliquant notamment son geste par le fait que son audition l'avait perturbé. (4 juin 2014)

Un ancien légionnaire et ancien parachutiste, entendu dans le cadre de l'enquête sur le quadruple meurtre de Chevaline en avril 2013, s'est suicidé mardi en expliquant notamment son geste par le fait que son audition l'avait perturbé. (4 juin 2014)

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Les policiers britanniques, qui travaillent en coopération avec les gendarmes français envoyés sur place, cherchent à déterminer si les deux frères avaient un différend financier, comme cela a été avancé, et si celui-ci aurait pu motiver un tel règlement de comptes.

Zaid al-Hilli s'était déjà spontanément rendu au poste de police au lendemain des faits. Il n'a pas été précisé si des gendarmes français participaient à l'audition.

Cette source a par ailleurs indiqué que la perquisition de la maison familiale des al-Hilli à Claygate, entamée samedi, allait se poursuivre toute la journée, et sans doute encore lundi, sous la supervision des gendarmes français.

Des détails sur la famille

Au delà de ses explications sur cette éventuelle querelle, les enquêteurs espèrent entendre de sa bouche des détails intéressants sur les activités professionnelles de son frère, et l'histoire de la famille, émigrée d'Irak au Royaume-Uni dans les années 1970. Interviewé dimanche par le Sunday Telegraph, Ali al-Hilli, cousin des deux frères, vivant à Melbourne en Australie, souligne le désarroi de Zaid al-Hilli après le meurtre.

Au téléphone, "il était en état de choc. Il n'arrêtait pas de répéter: 'pourquoi, pourquoi, pourquoi? Comment ça a pu arriver?", indique ce cousin, auquel Zaid a donné l'impression d'être "anéanti", et de "se sentir isolé". Zaid lui a par ailleurs indiqué son intention d'aller en France pour s'occuper de ses nièces, qu'il connaît bien pour avoir vécu avec la famille de son frère pendant un certain temps.

Zaid al-Hilli, travaille selon le journal depuis plus de dix ans pour Burhill Group Ltd, un groupe qui possède notamment des golfs et des biens immobiliers.

Ali al-Hilli, dont la famille a quitté l'Irak pour raisons politiques un an avant celle de Saad al-Hilli, décrit Zaid comme plus calme que son frère, qui était "plus énergique". Il a démenti l'hypothèse d'une "fortune" familiale qu'aurait laissée leur père Kadhim, mort en Espagne l'an dernier, et a dit ne pas être au courant d'une dispute entre eux.

Pas dans son état normal

De son côté, James Matthews, un ami de la famille décimée, assure dans le journal que Saad al-Hilli "n'était pas dans son état normal" avant son départ pour la France.

Le reste de la presse britannique continuait à se perdre en conjectures dimanche sur les raisons du drame qui a coûté la vie, sur une petite route forestière, à Saad al-Hilli, 50 ans et à sa femme Iqbal, 47 ans. La troisième passagère assassinée est une femme plus âgée possédant un passeport suédois. L'enquête n'a pas permis d'établir s'il s'agit de la grand-mère maternelle.

Le Sunday Telegraph avançait que cette "proche relation" est Suhaila Al Saffar, âgée de 74 ans. Al Saffar est le nom de jeune fille d'Iqbal. La quatrième victime est un cycliste qui passait sur les lieux.

La télévision britannique Sky News croyait savoir que deux téléphones portables trouvés sur les lieux de la tuerie étaient en cours d'analyse. Le Mail on Sunday consacrait deux pages à s'interroger sur les possibles "activités secrètes" de Saad al-Hilli qui travaillait dernièrement pour le constructeur de micro-satellites SSTL, filiale d'EADS.

Nouvelle enquête de voisinage

Une nouvelle enquête de voisinage a débuté dimanche près des lieux de la tuerie de Chevaline, dans les Alpes françaises, afin de ne passer à côté d'aucun témoignage, a indiqué le commandant de la section de recherches de Chambéry.

"On refait une enquête de voisinage pour être sûrs qu'on aura été exhaustifs car lors de notre premier passage des personnes pouvaient être absentes", a expliqué le lieutenant-colonel Benoît Vinnemann.

"Cela se fait au plus près des lieux" de la tuerie et aussi "dans les campings", les gens ayant "peut-être quelque chose à nous apporter", a-t-il précisé. Ces témoignages permettent "d'affiner très précisément l'emploi du temps" de la famille al-Hilli.

Zeena va rentrer au Royaume-Uni

Saad al-Hilli et sa femme Iqbal, une autre femme plus âgée de nationalité suédoise se trouvant dans leur voiture, et un cycliste français, ont été tués mercredi après-midi sur une petite route de montagne près de Chevaline en Haute-Savoie, de nombreuses balles dont, chacun, deux dans la tête. La fille aînée, Zainab, a été gravement blessée dans la fusillade, mais a survécu. Elle est actuellement en coma artificiel à l'hôpital de Grenoble.

Zeena, la cadette, a elle échappé à la mort en se cachant aux pieds de sa mère dans la voiture, où elle est restée terrée pendant huit heures avant que les gendarmes la découvrent. Elle rentrera au Royaume-Uni dimanche avec l'oncle et la tante qui sont venus la chercher samedi à Annecy, a annoncé une source proche de l'enquête.

(AFP)

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