05.08.2016 à 15:14

IsraëlDes détenus palestiniens en grève de la faim

Près de 400 détenus Palestiniens dénoncent le «harcèlement» dont ils font l'objet de la part des Israéliens.

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Des Palestiniens réclament la Présence internationale temporaire à Hébron (TIPH).  (Vendredi 1er février 2019)

Des Palestiniens réclament la Présence internationale temporaire à Hébron (TIPH). (Vendredi 1er février 2019)

AFP
Le président israélien Reuven Rivlin a rejeté dimanche la demande de grâce d'un soldat franco-israélien reconnu coupable et condamné pour avoir achevé un assaillant palestinien blessé et au sol. (Dimanche 19 novembre 2017)

Le président israélien Reuven Rivlin a rejeté dimanche la demande de grâce d'un soldat franco-israélien reconnu coupable et condamné pour avoir achevé un assaillant palestinien blessé et au sol. (Dimanche 19 novembre 2017)

Keystone
Israël va accélérer la construction d'un mur souterrain autour de Gaza visant à empêcher les infiltrations palestiniennes par des tunnels. (Jeudi 10 août 2017)

Israël va accélérer la construction d'un mur souterrain autour de Gaza visant à empêcher les infiltrations palestiniennes par des tunnels. (Jeudi 10 août 2017)

Keystone

Environ 400 Palestiniens emprisonnés par Israël étaient en grève de la faim vendredi, observant un mouvement qui va s'amplifiant, ont indiqué un club de soutien et l'administration israélienne.

Une partie d'entre eux dénoncent le «harcèlement» dont ils font l'objet de la part des Israéliens, d'autres refusent de s'alimenter par solidarité avec un détenu Bilal Kayed, a précisé le Club des prisonniers palestinien dans un communiqué.

Rallongement de peine sans procès ni inculpation

Bilal Kayed devait être libéré le 15 juin après avoir purgé 14 ans et demi de prison pour ses activités au sein du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP, la gauche historique). Mais Israël a ordonné son maintien en détention pour six mois sans procès ni inculpation.

Quatre-vingts prisonniers ont rejoint vendredi l'action menée dans différentes prisons en Israël et en Cisjordanie occupée, a dit le Club des prisonniers. D'autres doivent se greffer au mouvement dimanche alors que 325 détenus refusaient déjà de se nourrir depuis deux jours.

Les détenus s'élèvent contre un récent tour de vis israélien, avec le placement à l'isolement d'un certain nombre d'entre eux, la confiscation des effets personnels, le transfert de dizaines de prisonniers vers d'autres prisons, a rapporté la Commission chargée des Affaires des prisonniers au sein de l'Autorité palestinienne.

Amendes et interdictions de visite

En outre, «des amendes de 600 shekels (près de 150 euros) par prisonnier et des interdictions de visite pendant deux mois ont été imposées» aux grévistes de la faim, a-t-elle ajouté.

L'administration pénitentiaire israélienne a confirmé à l'AFP avoir déplacé des détenus, fouillé des cellules et saisi des portables durant la semaine écoulée «sur la base de renseignements au sujet d'actes terroristes commandés de l'intérieur des prisons».

Une porte-parole israélien a affirmé à l'AFP que 262 détenus du mouvement islamiste Hamas refusaient de se nourrir, de même que 93 du FPLP en solidarité avec M. Kayed.

Israël considère le Hamas et le FPLP comme des organisations terroristes.

Bilal Kayed, âgé de 35 ans et originaire du nord de la Cisjordanie occupée, a perdu 30 kilos et a déjà été hospitalisé maintes fois, selon des responsables palestiniens.

Manifestations de solidarité

Des manifestations de solidarité avec M. Kayed ont eu lieu tous les jours depuis le début de grève de la faim et les tentes de soutien ont fleuri en Cisjordanie.

Sur environ 7.000 détenus palestiniens dans les prisons israéliennes, plus de 700 sont en détention sans procès ni inculpation, selon le Club des prisonniers.

Les prisonniers font fréquemment des grèves de la faim pour dénoncer cette forme de détention ou leurs conditions d'emprisonnement. A trois reprises au cours des mois écoulés, des détenus ont mené de longues grèves de la faim qui les ont menés au bord de la mort. Mais la mobilisation collective dans les prisons n'avait pas atteint le niveau actuel.

(AFP)

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