Publié

SoulèvementDes Egyptiennes manifestent après la mort d'une militante

Une militante socialiste a été tuée par balle samedi lors d'une marche pacifiste au Caire. La police nie être impliquée.

L'image de la jeune femme touchée par balle a fait le tour du web.

L'image de la jeune femme touchée par balle a fait le tour du web.

Keystone

Des dizaines d'Egyptiennes ont manifesté ce jeudi 29 janvier au Caire contre la police pour dénoncer la mort récente d'une militante socialiste tuée par balle lors d'une marche à la mémoire des jeunes tombés lors de la révolte qui a chassé Hosni Moubarak du pouvoir en 2011.

Sa mort samedi avait provoqué un chocau sein de l'opposition de gauche au président Abdel Fattah al-Sissi qui réprime implacablement toute manifestation depuis qu'il a destitué son prédécesseur, l'islamiste Mohamed Morsi, en juillet 2013.

Une balle dans le dos

Shaima al-Sabagh, 34 ans et mère d'un garçon de 5 ans, a été tuée d'une décharge de chevrotine dans le dos alors qu'elle participait à une marche pacifique de militants de mouvements laïques et libéraux pour déposer des fleurs sur la place Tahrir, célèbre théâtre de la révolte de 2011 en plein coeur du Caire.

L'Alliance populaire socialiste, dont elle était membre, accuse, comme les organisations de défense des droits de l'Homme et de nombreux témoins, un policier de l'avoir tuée, ce que le gouvernement a démenti tout en ordonnant une enquête.

La police avait dispersé violemment cette marche interdite, en vertu d'une loi édictée par le gouvernement en novembre 2013 interdisant tout rassemblement ou manifestation non autorisé préalablement par le ministère de l'Intérieur, un texte dénoncé par les ONG comme l'un des plus liberticides du pouvoir de M. Sissi.

Colère des manifestantes

«Les policiers sont des voyous», hurlaient jeudi des dizaines de femmes aux abords de Tahrir, a rapporté un journaliste de l'AFP.

Plusieurs d'entre elles brandissaient un portrait du ministre de l'Intérieur Mohamed Ibrahim barré par les mots «Tueur de Shaima al-Sabagh» et «Recherché». Les manifestantes réclamaient également la «fin du régime militaire».

Face à elles, quelques policiers barraient le passage à des contre-manifestants scandant des louanges au président Sissi et accusant les militantes d'être des «terroristes et des traitresses voulant détruire l'Egypte».

Alors chef de la toute puissante armée, le général Sissi avait fait emprisonner le 3 juillet 2013 M. Morsi, le premier président élu démocratiquement en Egypte. Il avait ensuite été élu président haut la main en mai 2014 mais après avoir éliminé toute opposition de la scène politique, islamiste puis laïque et libérale.

Policiers et soldats ont tué plus de 1.400 manifestants pro-Morsi depuis la destitution, et plus de 15.000 personnes ont été emprisonnées, essentiellement des partisans de M. Morsi mais aussi les figures de proue de la jeunesse révoltée de 2011.

(AFP)

Votre opinion