Chine: Des élus veulent que la Suisse se rapproche de Taïwan

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ChineDes élus veulent que la Suisse se rapproche de Taïwan

Après la réaction musclée de Pékin face à la visite de Nancy Pelosi, des politiciens exigent que Berne améliore au plus vite ses relations avec Taïwan.

La capitale de l’île, Taipei.

La capitale de l’île, Taipei.

AFP

L’armée chinoise a démarré jeudi les plus importantes manœuvres militaires de son histoire autour de Taïwan. Ceci en guise de réponse musclée à la visite éclair de la cheffe des députés américains Nancy Pelosi sur l’île mardi. En Suisse, ces bruits de bottes inquiétants font réagir. Pour certains parlementaires, Berne doit améliorer au plus vite ses relations avec Taïwan.

À l’image du conseiller national Fabian Molina (PS/ZH). Selon lui, il faut que la Suisse intensifie ses relations avec Taïwan, dit-il dans le «Blick» jeudi. Ensuite, Berne doit faire comprendre qu’une intervention militaire de la Chine constituerait une violation massive du droit international, à laquelle la communauté internationale devra réagir comme elle l’a fait pour l’invasion de l’Ukraine par les Russes. Enfin, l’élu réclame qu’à moyen terme, notre pays reconnaisse Taïwan comme «un État démocratique indépendant».

«Ajustement politique»

Au Centre, le député valaisan Philipp Matthias Bregy estime aussi que le soutien à la politique actuelle d’une seule Chine ne signifie pas «que nous nous rangeons unilatéralement du côté de la Chine». Pour lui, il doit être possible pour les représentants d’un État de visiter l’île. Même son de cloche pour Beat Flach (Vert’lib/AG) qui souhaite un ajustement prudent et précis de la politique suisse à l’égard de Taïwan.

Du côté de l’UDC, on se montre encore moins chaud. L’élu soleurois Christian Imark, membre du groupe d’amitié parlementaire Suisse-Taïwan, condamne en effet la provocation contre-productive de Nancy Pelosi à l’égard de Pékin. «En tant qu’État neutre, il est dans notre intérêt d’entretenir de bonnes relations amicales aussi bien avec la Chine qu’avec Taïwan», ajoute-t-il. Et de préciser quand même: «Le Conseil fédéral doit vérifier en permanence si sa position vis-à-vis de Taïwan est encore correcte».

A noter qu'en juin dernier, le groupe de réflexion Avenir Suisse s'était penché sur des scénarios quant à la position de la Suisse en cas d’escalade entre la Chine et les États-Unis. Conclusion: Si Pékin mettait une forte pression sur Berne pour choisir un camp, la Suisse serait contrainte de s’aligner sur les États-Unis, car le facteur décisif serait leurs valeurs communes, avait-il expliqué. La Suisse devrait donc chercher une solidarité économique, non seulement avec l’UE, mais aussi avec les États-Unis, selon le groupe de réflexion. Car des dégâts dans les relations économiques avec les USA et l’Europe auraient des conséquences bien plus graves qu’avec la Chine.

Le National contre Ignazio Cassis

Pour rappel, le Conseil national avait accepté en septembre 2021 un postulat de sa commission de politique extérieure demandant que Berne améliore ses relations avec Taïwan. Ceci contre l’avis d’Ignazio Cassis qui avait rappelé que la Suisse poursuivait une politique de la Chine unique et ne reconnaissait donc pas Taïwan comme un État indépendant. «C’est pourquoi il n’existe aucune base permettant d’approfondir les relations politiques au niveau gouvernemental», avait-il précisé. La Suisse se contente donc de maintenir des échanges économiques, scientifiques et culturels étroits avec Taïwan sur le plan technique.

(cht)

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