Scandale en Chine: Des enfants forcés à avaler des médicaments

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Scandale en ChineDes enfants forcés à avaler des médicaments

Des bambins d'une école maternelle ont été maltraités par leurs enseignants. Les parents ont alerté les autorités.

L'école RYB Education New World, un établissement huppé de la capitale qui dispense un enseignement bilingue anglais-chinois.

L'école RYB Education New World, un établissement huppé de la capitale qui dispense un enseignement bilingue anglais-chinois.

DR/Photo d'illustration, AFP

Le gouvernement chinois a annoncé vendredi une inspection de tous les jardins d'enfants en Chine, à la suite d'un scandale impliquant une maternelle de Pékin où des enfants auraient été victimes de piqûres d'aiguilles et forcés à avaler des médicaments.

Des dizaines de curieux se pressaient vendredi devant les grilles de l'école RYB Education New World, un établissement huppé de la capitale qui dispense un enseignement bilingue anglais-chinois. La maternelle était toujours en activité. La veille, des parents en colère se sont rassemblés devant l'établissement, exigeant des explications de la part de RYB, une entreprise qui gère directement ou sous franchise quelque 250 établissements dans toute la Chine.

Outre les accusations de mauvais traitements, l'agence officielle de presse Chine nouvelle a fait état de soupçons d'agressions sexuelles, mais sans plus de précisions. Selon le magazine Caixin, huit enfants, scolarisés dans deux classes dont les élèves sont âgés de deux à six ans, portent des marques de piqûres. D'autres parents ont affirmé que les enfants avaient dû prendre des médicaments non identifiés.

Témoignages

Li Jing, mère d'une fillette de trois ans, a rapporté que des enfants avaient raconté comment ils se retrouvaient à avaler des comprimés. «On leur disait que ce n'était pas des médicaments mais des bonbons et que c'était un petit secret à garder entre eux et l'enseignant», a-t-elle indiqué.

«J'ai interrogé mon enfant après avoir entendu les déclarations d'autres parents et il m'a dit qu'ils avaient pris deux comprimés blancs après le déjeuner et qu'après ça, ils avaient dormi», a déclaré un père de famille à la télévision. Le district pékinois de Chaoyang, où se trouve la maternelle, a annoncé que la police avait ouvert une enquête après avoir reçu mercredi des plaintes de parents d'élèves.

«Nombreux incidents»

RYB a présenté ses excuses sur les réseaux sociaux et assuré que les enseignants incriminés avaient été mis à pied. La société a été introduite en Bourse en septembre à Wall Street, où son cours plongeait de plus de 40% vendredi avant même l'ouverture de la cotation.

Un père de famille, venu récupérer sa fille de deux ans, a raconté que l'école lui avait remboursé sans discuter les 18'000 yuans (2300 euros) de scolarité annuelle. Dans une circulaire, le gouvernement a ordonné une inspection «immédiate» des maternelles, reconnaissant que «de nombreux incidents se sont produits récemment au cours desquels des enfants ont été victimes de violences».

RYB avait déjà été mise en cause en avril après la diffusion d'images montrant un enseignant en train de jeter un enfant sur un lit et un autre en train de frapper un enfant à coups de pied dans le dos dans une autre école de Pékin.

Le Quotidien des tribunaux populaires a signalé que deux enseignants du même réseau avaient été condamnés à 34 mois de prison pour avoir piqué des enfants à l'aide d'aiguilles à coudre en 2016 dans la province du Jilin (nord-est). Les enfants étaient piqués aux jambes, aux fesses et à l'intérieur de la bouche.

Enfants molestés

Ces informations surviennent une semaine après une autre affaire impliquant une crèche du géant chinois des voyages en ligne, Ctrip. Trois employés de la crèche, installée au siège du groupe à Shanghai, ont été placés en détention après la diffusion d'images montrant des enfants molestés ou étant forcés d'avaler ce qui serait de la moutarde, selon des parents. Ces affaires ont déclenché la colère des internautes.

«Entre Ctrip et RYB, quel est donc notre avenir si nous ne pouvons même pas protéger nos enfants, sans parler du soi-disant rêve chinois», persiflait un utilisateur du réseau social Weibo, faisant référence à un slogan du président Xi Jinping.

(AFP)

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