Publié

SuisseDes Ethiopiens se disent menacés par leurs autorités

La police genevoise a transmis les noms des protestataires aux autorités consulaires éthiopiennes.

Les Ethiopiens avaient brièvement occupé la Mission permanente d'Ethiopie à Genève.

Les Ethiopiens avaient brièvement occupé la Mission permanente d'Ethiopie à Genève.

Google Street View

Neuf Ethiopiens qui habitent en Suisse affirment se sentir aujourd'hui menacés par les autorités de leur pays. Ils craignent des représailles depuis que la police genevoise a transmis involontairement leur nom à la Mission permanente d'Ethiopie à Genève.

L'information, révélée mercredi par La Liberté, a été confirmée par Laïla Batou, l'avocate qui défend les intérêts des neufs Ethiopiens. Ces derniers s'étaient rendus le 5 octobre dans les locaux de la Mission permanente d'Ethiopie pour dénoncer la répression brutale d'une manifestation d'opposants par l'armée éthiopienne.

La police genevoise était intervenue pour déloger les protestataires. Elle leur a signifié une interdiction d'entrée dans l'enceinte de la Mission permanente d'Ethiopie. Ce faisant, elle a transmis leur nom aux autorités consulaires. «Il s'agit d'un formulaire classique adressé aux privés», a précisé Mme Batou.

Crainte de représailles

Aujourd'hui, les neuf Ethiopiens ont peur. Ils craignent des représailles sur eux ou sur des membres de leur famille restés au pays. Or ces personnes devraient être protégées en vertu de la loi fédérale sur l'asile, a rappelé l'avocate. Cette loi interdit de transmettre l'identité des requérants à l'Etat qu'ils ont fui.

Sur les neuf ressortissants éthiopiens concernés, deux ont été déboutés de l'asile et sont menacés de renvoi, trois attendent une décision sur leur demande d'asile et un est au bénéfice d'une admission provisoire, a noté l'avocate.«Nous allons demander aux autorités suisses de leur accorder une protection».

Un responsable de la Mission permanente d'Ethiopie à Genève, interrogé par La Liberté, a rejeté toutes menaces à l'encontre de ses neuf concitoyens. «Ces allégations sont infondées et nous sommes prêts à clarifier la situation dès le retour du consul, qui est actuellement à l'étranger», a-t-il déclaré.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!