Pandémie – Des experts américains évaluent la pilule anti-Covid de Merck
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PandémieDes experts américains évaluent la pilule anti-Covid de Merck

Le médicament, le molnupiravir, permet de diminuer les formes graves de la maladie en cas d’infection au coronavirus. Il a déjà été approuvé début novembre en Grande-Bretagne.

Après le Royaume-Uni, les États-Unis pourraient approuver prochainement le molnupiravir, traitement antiviral contre le Covid du laboratoire américain Merck.

Après le Royaume-Uni, les États-Unis pourraient approuver prochainement le molnupiravir, traitement antiviral contre le Covid du laboratoire américain Merck.

AFP PHOTO /Merck & Co,Inc./HANDOUT

Un comité de scientifiques se réunissait mardi aux États-Unis pour se prononcer sur la pilule anti-Covid du laboratoire américain Merck, qui pourrait en cas d’approbation être rapidement disponible pour certains malades. Ce médicament, le molnupiravir, a déjà été approuvé début novembre en Grande-Bretagne, où il est commercialisé sous le nom de Lagevrio.

Ce type de traitement antiviral représente selon les experts une avancée majeure dans la lutte contre la pandémie, en permettant de diminuer les formes graves de la maladie à l’aide de simples comprimés pris rapidement après l’apparition des symptômes, en cas d’infection.

L’Agence américaine des médicaments (FDA), qui a convoqué la réunion de mardi, aura le dernier mot sur l’octroi d’une autorisation d’urgence du médicament après le vote non contraignant du comité. Celui-ci doit voter pour dire s’il recommande son usage chez les personnes atteintes de cas légers à modérés de la maladie, et présentant un haut risque de développer un cas grave pouvant mener à une hospitalisation ou un décès.

Effets indésirables sur les fœtus de rats et lapins

Les enfants ne sont pas concernés par la décision de mardi, et des tests pédiatriques ne sont pas envisagés avant les résultats de tests en cours sur de jeunes rats. Merck a par ailleurs précisé lors d’une présentation devant le comité ne pas recommander l’usage du molnupiravir chez les femmes enceintes.

Dans des documents publiés vendredi en amont de la réunion, la FDA avait relevé certains effets indésirables sur le développement des fœtus lors des tests sur les animaux. Des observations effectuées sur des rats et lapins en gestation ont en effet montré que certaines portées avaient connu davantage de cas de malformations qu’au sein des groupes de contrôle.

Taux d’hospitalisation et de décès réduit de 30%

Merck a rendu publics vendredi les résultats complets de l’essai clinique du comprimé, selon lesquels le médicament réduirait de 30% le taux d’hospitalisation et de décès chez les patients à risque. De plus, contrairement à d’autres traitements, les antiviraux ne prennent pas pour cible la protéine spike, qui sert au virus à entrer dans les cellules. Or, le variant Omicron présente de nombreuses mutations précisément sur cette protéine, ce qui pourrait rendre les vaccins actuels inefficaces, s’inquiètent les experts.

Au contraire, il est attendu que le molnupiravir «aura une activité similaire contre n’importe quel nouveau variant», a déclaré mardi Daria Hazuda, biochimiste chez Merck. Le médicament fonctionne en introduisant une mutation dans le virus, qui a pour effet de l’empêcher de se répliquer. Ce mécanisme entraîne toutefois d’autres conséquences, une inquiétude étant qu’une mutation non désirée soit introduite. Même si aucun cas n’a été constaté jusqu’ici, les experts de la FDA sont chargés d’évaluer ce risque qui reste pour le moment «théorique».

Outre les autorités sanitaires américaines, l’Autorité européenne des médicaments examine également le molnupiravir de Merck. Les États-Unis ont déjà commandé, sous réserve du feu vert des autorités sanitaires, 3,1 millions de traitements à Merck et 10 millions à Pfizer.

(AFP)

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