19.11.2020 à 15:44

Covid-19Des experts suisses évaluent l’arrivée du vaccin

Un panel de 65 experts suisses s’est penché sur les conditions qui découlent du vaccin. Selon leurs conclusions, un vaccin ne doit être utilisé dans la population que si sa sécurité est confirmée.

Des experts suisses se penchent sur le déploiement du futur vaccin contre le Covid (photo d’illustration).

Des experts suisses se penchent sur le déploiement du futur vaccin contre le Covid (photo d’illustration).

KEYSTONE/AP

Les 65 experts suisses réunis par Unisanté à Lausanne en vue de l’arrivée d’un vaccin contre le Covid-19 ont rendu leurs conclusions. Celui-ci doit être sûr et efficace, accepté à une large échelle et pris en charge par l’assurance de base.

Le consensus auquel sont arrivés ces experts doit permettre d’orienter les autorités publiques, sachant que les premiers vaccins devraient être disponibles début 2021, indique jeudi Unisanté, le centre universitaire de médecine générale et santé publique à Lausanne.

Selon ces spécialistes, un vaccin ne doit être utilisé dans la population que si sa sécurité est confirmée. Concrètement, cela signifie que la phase 3 des essais – la dernière avant l’homologation des autorités – devrait être achevée «avec au moins trois mois de suivi sur un minimum de 30’000 participants», relève Unisanté dans son communiqué.

À partir de là, si l’efficacité et la sécurité sont démontrées, tous les types de vaccins devraient être acceptés.

Par étapes

Les experts proposent ensuite un déploiement en plusieurs phases. La priorité serait donnée aux professionnels de la santé de première ligne, aux personnes de 65 ans et plus et à celles avec des facteurs de risque.

Une deuxième phase de vaccination concernerait les personnes de 65 ans et plus sans facteur de risque, ainsi que les personnes de 18 à 65 ans avec au moins un facteur de risque. Suivraient les travailleurs essentiels non médicaux et, si les données de sécurité sont suffisantes, les femmes enceintes.

La communauté scientifique interrogée par Unisanté estime que «la plus grande partie possible de la population devrait être vaccinée.» Elle précise toutefois qu’une vaccination généralisée des enfants et adolescents n’est pas une priorité.

Convaincre les réticents

Les experts soulignent également qu’il faudra porter «une attention particulière» aux personnes réticentes aux vaccins. Ils proposent notamment à l’Office fédéral de la santé publique (OFPS) de consacrer des ressources à l’analyse des conversations sur les médias sociaux. Les professionnels de santé devraient aussi recevoir une formation spécifique sur la manière d’informer sur ce vaccin.

Concernant la prise en charge financière, le panel réuni par Unisanté recommande une couverture par l’assurance de base avec une prescription médicale. «Les vaccins devraient être fournis gratuitement dans le cadre des campagnes de vaccination nationales ou cantonales», poursuit le communiqué.

Questions ouvertes

Les spécialistes interrogés par Unisanté ne sont toutefois pas parvenus à un consensus pour toutes les questions. Et notamment pour savoir s’il fallait vacciner les personnes ayant déjà eu une infection confirmée ou suspectée. Ou s’il fallait rendre la vaccination obligatoire pour les personnes exerçant certains métiers, comme dans le secteur médical.

Ces 65 experts suisses ont été consultés à deux reprises en octobre et novembre selon un processus de consensus Delphi. Cette méthode consiste à interroger un panel en lui soumettant des affirmations «jusqu’à l’obtention d’un consensus raisonné qui légitime les décisions à prendre sur un projet», précise Unisanté.

Les spécialistes interrogés sont issus de plusieurs domaines: vaccinologie/maladie infectieuse, médecine de famille, santé publique, pédiatrie, gynécologie, éthique, sociologie, médecine interne, gériatrie et pharmacie. Les experts des commissions sanitaires fédérales et cantonales n’ont pas été inclus «afin d’éviter tout conflit d’intérêt».

(ATS/NXP)

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