Trafic de drogue : Des familles de victimes demandent à Snapchat d’agir  
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Trafic de drogue Des familles de victimes demandent à Snapchat d’agir  

Des familles d’adolescents décédés après avoir consommé de la drogue frelatée, achetée via Snapchat ou d’autres réseaux sociaux, ont demandé lundi, à ces plateformes, d’agir contre ce fléau.

Des personnes opposées à la vente de drogues illégales sur Snapchat ont manifesté devant le siège de l'entreprise à Santa Monica, en Californie, lundi 13 juin 2022.

Des personnes opposées à la vente de drogues illégales sur Snapchat ont manifesté devant le siège de l'entreprise à Santa Monica, en Californie, lundi 13 juin 2022.

AFP

«Je suis ici pour mettre en garde les gens contre les dangers des réseaux sociaux via lesquels des drogues et autres crimes arrivent dans nos vies, à travers nos enfants», explique à l’AFP, Sam Chapman, venu manifester devant le siège de Snapchat, à Santa Monica, lundi. Son fils Sammy est mort en février 2021, d’un empoisonnement au fentanyl, un opiacé extrêmement puissant et addictif dont il ignorait la présence dans la pilule de drogue qu’il s’était procurée sur Snapchat. Sammy aurait dû fêter son 18e anniversaire, le week-end dernier. 

Ado mort à cause du fentanyl 

L’adolescent se trouvait dans sa chambre un dimanche soir, en train de regarder la finale du championnat de football américain. «Environ une heure après lui avoir apporté à manger, nous l’avons trouvé mort sur le sol dans une posture caractéristique», raconte Sam Chapman, 57 ans. «Il avait cessé de respirer, était tombé de sa chaise à la renverse et il s’est étouffé avec son propre vomi», un cas de figure malheureusement très fréquent chez les jeunes qui pensent consommer des drogues récréatives mais qui ingèrent à leur insu du fentanyl, dit-il.

Première cause de décès des jeunes Américains

Sur les 107’000 morts par overdose recensées l’an dernier aux États-Unis, 70% ont été provoquées par un «empoisonnement au fentanyl», première cause de décès désormais pour les Américains âgés de 18 à 45 ans, indiquent les associations à l’origine de cette manifestation. Selon Sam Chapman, un revendeur de drogue avait tout simplement pris contact avec son fils sur Snapchat, lui présentant un véritable «menu» avec des pilules de toutes les couleurs. «Et tout en bas, il disait qu’il assurait les livraisons comme si c’était une pizza». Selon lui «Snapchat est devenu comme le «dark web» pour les enfants.»

Demande d’agir contre ce fléau 

Comme les autres familles de victimes, Sam Chapman demande à Snapchat et aux autres plateformes de prédilection des jeunes d’agir concrètement pour enrayer ce phénomène. «Nous avons travaillé sans relâche pour aider à combattre cette crise nationale en éradiquant les vendeurs de drogues illicites de notre plateforme», a réagi un porte-parole de Snapchat, sollicité par l’AFP. La firme californienne ajoute utiliser une technologie de pointe pour «détecter de manière proactive et fermer les comptes» des dealers sur Snapchat et bloquer dans son moteur de recherche les résultats liés aux stupéfiants. 

Systèmes contournés 

Mais pour Sam Chapam, le système ne fonctionne tout simplement pas car les dealers utilisent des émojis et des mots codés qui ne sont pas bloqués. L’association de victimes VOID souhaite que les réseaux sociaux soient tenus pour responsables de ce qui arrive à leurs utilisateurs sur leurs plateformes, ce qui n’est pas le cas actuellement. «Si vous êtes dans un supermarché et que vous glissez et tombez, vous pouvez les poursuivre», a plaidé le président de VOID lors de la manifestation. La loi régissant actuellement ces plateformes «a été écrite en 1996. Les législateurs n’avaient aucune idée de ce qu’Internet serait aujourd’hui», insiste-t-il.

(AFP)

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