Conflit – Des frappes aériennes font au moins 11 morts au Yémen
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ConflitDes frappes aériennes font au moins 11 morts au Yémen

Lundi, l’explosion de camions-citernes transportant du carburant avait fait trois morts et six blessés à Abu Dhabi. Les Émirats avaient menacé de «riposter» à cette «attaque infâme».

La ville de Sanaa a été la cible de frappes aériennes.

La ville de Sanaa a été la cible de frappes aériennes.

AFP

Au moins 11 personnes ont été tuées à Sanaa dans la nuit de lundi à mardi dans des raids de la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite en riposte à une attaque meurtrière des rebelles yéménites aux Émirats arabes unis. L’attaque menée lundi à l’aide de drones et revendiquée par les Houthis, la première à faire des morts sur le sol émirati, a été vivement condamnée à l’étranger, notamment par les États-Unis et la France.

En riposte, la coalition – dont les Émirats sont membres – qui combat depuis 2015 les insurgés yéménites a multiplié depuis lundi soir les raids de représailles sur la capitale du Yémen, contrôlée par les rebelles. «Les frappes aériennes ont fait 11 morts», a indiqué à l’AFP une source médicale à Sanaa.

Des habitants de la capitale dégageaient mardi les gravats après les frappes dans l’espoir de retrouver des survivants dans les décombres, alors que deux bâtiments ont été soufflés par les raids. Un témoin a dit à l’AFP avoir vu également 11 cadavres alors qu’il était à la recherche de proches et qu’un bulldozer déblayait les lieux. «Il y a 11 martyrs. Et nous continuons encore de chercher des blessés et des martyrs dans les décombres», a déclaré à l’AFP ce témoin, Akram al-Ahdal.

La coalition, qui avait menacé lundi de «riposter» à l’«attaque infâme» des rebelles, a lancé de nouvelles frappes mardi sur la capitale, disant viser «des camps et des quartiers généraux des Houthis», a tweeté la chaîne de télévision publique saoudienne Al-Ekhbariya.

Les Houthis ont affirmé lundi sur leur chaîne Al-Massira avoir «ciblé des installations et sites émiratis importants et sensibles» à l’aide de missiles balistiques et de drones. À Abu Dhabi, trois camions-citernes ont explosé «près des réservoirs de stockage» de la compagnie pétrolière d’Abu Dhabi, entraînant la mort d’un Pakistanais et de deux Indiens, a indiqué l’agence officielle émiratie WAM, en faisant état de six blessés.

Stabilité régionale «menacée»

L’attaque des rebelles a ouvert un nouveau front dans la guerre au Yémen et réduit encore un peu les espoirs d’un règlement du conflit, qui a déplacé des millions de personnes dans ce qui était déjà le pays le plus pauvre de la Péninsule arabique.

Les États-Unis ont promis de «faire rendre des comptes» aux insurgés, tandis que le Royaume-Uni, la France et l’Union européenne ont également condamné ces attaques. «Ces attaques menacent la sécurité des Émirats arabes unis et la stabilité régionale», a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

L’attaque rebelle contre Abu Dhabi fait suite à une recrudescence des combats au Yémen, où la Brigade des Géants, formée par les Émirats arabes unis, a opéré des avancées, chassant les rebelles de la province de Chabwa (sud). Ce revers a porté un coup à la campagne de plusieurs mois menée par les Houthis pour prendre le contrôle de Marib, capitale de la province voisine et dernier bastion du gouvernement dans le nord du Yémen.

Plus tôt ce mois-ci, les Houthis avaient saisi en mer Rouge un bateau battant pavillon des Émirats arabes unis, assurant qu’il transportait du matériel militaire, une affirmation contestée par la coalition et Abu Dhabi. Les 11 membres d’équipage, dont sept sont Indiens, sont toujours retenus en otage.

Depuis 2015, le conflit a fait 377’000 morts

(AFP)

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