Cyclisme: Des «fugues italiennes» sur la route de Simon Pellaud
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CyclismeDes «fugues italiennes» sur la route de Simon Pellaud

La 15e édition des mythiques «Strade Bianche» en Toscane va lancer samedi les classiques italiennes du World Tour. En fin de contrat, le Valaisan doit s’illustrer pour rester dans le peloton la saison prochaine.

par
Sylvain Bolt
Simon Pellaud avait passé une grande partie des dernières «Strade Bianche» seul en tête de course. 

Simon Pellaud avait passé une grande partie des dernières «Strade Bianche» seul en tête de course.

Getty Images

La pandémie avait mis des bâtons dans les roues des cyclistes lors des «Strade Bianche» 2020. Initialement prévue le 7 mars 2020, la classique toscane devait signer le retour du World Tour. Elle s’était finalement déroulée le 1er août 2020 et avait lancé une saison cycliste complètement chamboulée.

Dans la chaleur estivale, Simon Pellaud avait animé le début de course sur les «routes blanches» de la campagne siennoise. Une longue fugue en solitaire, «bouffant» la poussière des chemins de gravier blanc sur des dizaines de kilomètres.

Le Valaisan a encore des fourmis dans les jambes avant d’attaquer l’édition 2021. «C’est clair, j’ai hâte d’y être et je vais tenter de prendre la première échappée, explique le Martignerain. Les routes toscanes sont très étroites, il n’y a souvent la place que pour une file de coureurs et malgré les 3000 mètres de dénivelé, jamais un grimpeur ne s’y est imposé.»

«Je n’ai pas le choix, je vais devoir m’illustrer sur les rares épreuves du World Tour que mon équipe va disputer et tenter d’accrocher quelques résultats sur des courses moins prestigieuses»

Simon Pellaud

Dernière année de contrat

Le Valaisan avait disputé sa première course en Europe sous le maillot de son équipe italienne lors des «Strade Bianche» 2020. Une virée sous la canicule qui avait mis à mal les coureurs (ils étaient seulement 42 à avoir terminé l’épreuve). Le périple toscan dont le tiers du parcours s’effectue sur routes non goudronnées, va cette fois retrouver des températures plus modérées.

Pas de quoi refroidir les ambitions du Valaisan établi en Colombie, qui dispute sa deuxième et dernière année de contrat avec l’équipe Androni Giocattoli-Sidermec. «Je n’ai pas le choix, je vais devoir millustrer sur les rares épreuves du World Tour que mon équipe va disputer et tenter d’accrocher quelques résultats sur des courses moins prestigieuses, souligne le grimpeur suisse. Il va falloir prendre des risques, car cela devient toujours plus compliqué de décrocher un contrat.»

Privé de Giro

Plusieurs coureurs professionnels se sont retrouvés sans maillot pour cette saison 2021. C’est le cas notamment du Suisse Danilo Wyss, qui a rangé son vélo faute d’avoir trouvé un nouveau contrat. Simon Pellaud et son équipe n’ont, eux, pas été invités au Giro 2021. Une terrible claque pour le cycliste valaisan, dont le tour italien constituait l’objectif majeur de sa saison.

L’an passé, pour sa première, il avait acquis une nouvelle dimension à travers ses échappées et avait remporté le maillot distinctif de vainqueur des sprints intermédiaires. Ses raids solitaires lui avaient valu l’honneur du podium à Milan. «Nous méritions mille fois notre place, regrette le cycliste valaisan. Personnellement, en termes de visibilité et de résultats, j’ai prouvé sur le Giro que je savais me montrer présent sur un grand tour!»

Plus de densité dans les échelons inférieurs

Des formations plus modestes, comme celle du Valaisan qui évolue en deuxième division, font les frais d’un calendrier resserré. Trois ou quatre épreuves majeures ont été annulées en début de saison. «Du coup, toutes les équipes descendent d’un étage et la pyramide est bousculée, explique le Suisse. De grands noms comme Bernal, Pinot ou Quintana se retrouvent dans des épreuves moins cotées. Cette forte concurrence rend l’exploit encore plus compliqué pour des coureurs comme moi et c’est frustrant. D’un autre côté, si tu fais un résultat, tu es au sommet de l’affiche!»

«La saison est plus compliquée que prévu»

Simon Pellaud

Le Valaisan espérait également s’illustrer sous le maillot de Swiss Cycling sur le Tour de Romandie et le Tour de Suisse, comme en 2019. Mais l’équipe suisse n’a pas obtenu de wild cards en 2021. «La saison est plus compliquée que prévu, constate Simon Pellaud. J’espère pouvoir me montrer ce printemps et un jour disputer un Giro avec public

Le Martignerain aura deux autres belles occasions de s’échapper sur les routes italiennes avec Tirreno-Adriatico (10-16 mars) et Milan-San Remo (20 mars). Samedi, le Belge Wout Van Aert (25 ans) sera l’un des principaux favoris à sa propre succession. Il devra se méfier notamment du Français Julian Alaphillipe, du Belge Greg Van Avermaet et du Néerlandais Mathieu van der Poel.

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