02.10.2020 à 12:22

BerneDes grévistes du climat veulent combattre la loi sur le CO2

La nouvelle législation, adoptée la semaine dernière par le parlement, est insuffisante aux yeux des activistes qui menacent de lancer un référendum pour la faire invalider.

Les grévistes du climat ont tiré à boulets rouges vendredi sur la nouvelle loi sur le CO2, adoptée la semaine dernière par les Chambres fédérales. Une partie du mouvement, issue pour l’heure des cantons romands, veut lancer le référendum.

La loi sur le CO2 est insuffisante pour freiner le réchauffement climatique, ont déclaré les activistes au cours d’une conférence de presse à Berne. Le Parlement n’a pas reconnu l’urgence de la crise climatique.

«Avec cette nouvelle loi, les émissions ne seront pas réduites, mais compensées ailleurs», a estimé Franziska Meinherz. La militante considère que la réforme ne tient pas compte des revendications exprimées depuis deux ans lors des mobilisations dans la rue.

«Si nous acceptons cette loi, nous acceptons une sorte de paralysie», a-t-elle poursuivi. «En la refusant, nous ouvrons une brèche pour créer une nouvelle loi.»

«Bon compromis»

De son côté, Emilie Feireira a relevé que le mouvement ne voulait pas être instrumentalisé par les partis qui se félicitent de l’adoption de cette loi. «Nous voulons un référendum pour que les masques tombent et savoir qui prend réellement en compte nos objectifs». Certains élus de gauche ont accepté le texte.

Les grévistes du climat ne veulent pas entendre parler de la nouvelle loi sur le CO2 (archives).

Les grévistes du climat ne veulent pas entendre parler de la nouvelle loi sur le CO2 (archives).

Keystone/archives

Les sections régionales du mouvement «Grève du climat» devront décider si elles souhaitent participer ou non au référendum. Pour l’heure, les cantons de Genève, Vaud, Neuchâtel, du Valais et du Jura, ainsi que le Jura bernois, y sont favorables. A l’inverse, le groupe régional de la Suisse centrale a indiqué vendredi après-midi rejeter cette stratégie. D’autres régions réfléchissent. Chaque section sera libre de lancer le référendum, même sans consensus national.

Les grévistes se sont défendus de «faire le jeu du système» en voulant lancer le référendum. Ils comptent néanmoins se saisir des outils à disposition pour réparer une «faillite complète du système parlementaire».

Les partis opposés

Les Chambres fédérales ont finalisé la semaine dernière la nouvelle loi sur le CO2. Elle introduit plusieurs taxes et mesures pour réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990. Le réchauffement climatique doit quant à lui être limité à 1,5 degré.

Le PLR, le PVL et le groupe du centre ont salué un bon compromis. Le camp rose-vert aurait voulu davantage. L’UDC soutient le référendum, estimant le texte trop radical. Les grévistes se sont distanciés vendredi du parti conservateur.

Les partis ne soutiennent pas la volonté de certaines sections régionales de la «Grève du climat» de lancer un référendum. Pour le PS, le PLR, le PDC, les Verts et les Vert’libéraux, cette décision met en danger l’ensemble de la politique climatique de la Suisse. Seul SolidaritéS a annoncé vouloir soutenir le référendum des grévistes.

Le chef du groupe parlementaire socialiste Roger Nordmann (VD) a indiqué sur Twitter qu’il demanderait à ne pas signer le référendum. La loi est bonne, selon l’élu vaudois. Le président des Verts Balthasar Glättli considère, lui, que le lancement d’un référendum est irresponsable.

(ATS/NXP)

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