Publié

MontréalDes groupes radicaux investissent le Grand Prix

Des affrontements ont opposé vendredi soir dans les rues du centre-ville de Montréal de petits groupes de manifestants radicaux aux forces de l’ordre.

Les policiers de la ville de Montréal, épaulés par les policiers anti-émeute, ont mené des charges ciblées pour disperser les groupes.

Les policiers de la ville de Montréal, épaulés par les policiers anti-émeute, ont mené des charges ciblées pour disperser les groupes.

AFP

Des heurts ont opposé vendredi soir à Montréal de petits groupes de manifestants radicaux à la police. Ces accrochages ont eu lieu autour des festivités du Grand Prix de Formule 1 du Canada, qui se tiendra dimanche.

Plusieurs groupes de quelques dizaines de personnes, très mobiles, ont tenté toute la soirée de s’approcher au plus près des chapiteaux dédiés aux festivités du Grand Prix, au coeur du centre- ville de Montréal, principalement autour des rues Sainte Catherine et Crescent.

Les policiers de la ville de Montréal, épaulés par les policiers anti-émeute, ont mené des charges ciblées pour disperser les groupes. Du gaz poivre a été lancé en milieu de soirée.

Un hélicoptère de la police survolait le quartier pour tenter de suivre les groupes de protestataires. Des cordons de policiers, matraques à la main, bloquaient tous les accès aux stands du Grand Prix. Les manifestants se mêlaient, à certains endroits, à la foule, ce qui compliquait le travail des forces de l’ordre.

Touristes sereins

Ces affrontements ponctuels n’ont cependant pas fait fuir les touristes qui continuaient à se promener, nombreux, dans les rues, visiblement peu inquiets. Certains, rencontrés dans les rues, déclaraient même ne pas avoir vu les manifestants.

Une marche nocturne est partie, comme chaque soir, de la place Émilie Gamelin avant de rejoindre les autres groupes, en passant par la place des Arts où les manifestants se sont mêlés à la foule des Francofolies de Montréal.

Les protestataires, vêtus de noir et de rouge pour certains d’entre eux, manifestaient contre ce que représente le Grand Prix, mais également contre la loi spéciale du gouvernement québécois, restreignant le droit de manifester. Un petit groupe arborait une large banderole de tissu noir déclarant: «Nous ne pouvons plus nous exprimer? Faisons parler nos casseroles!»

Arrestations

Les étudiants voient un lien entre le Grand Prix, «événement élitiste» selon eux, en partie financé par le Québec, et leur combat pour refuser la hausse des frais de scolarité prévue par le gouvernement qui invoque ses problèmes de financement.

Les policiers ont arrêté 12 personnes, selon un bilan communiqué à samedi à 00h15 (06h15 suisses). Cinq des douze interpellés devront faire face à des accusations criminelles dont la police n’a pas précisé la gravité.

Jacques Villeneuve menacé

L’ancien champion du monde de Formule 1 Jacques Villeneuve dit avoir reçu des menaces après des critiques formulées jeudi à l’encontre du mouvement étudiant. Il avait plus ou moins traité les étudiants grévistes d’enfants gâtés.

Le champion du monde 1997 dit avoir reçu «un paquet de courriels injurieux, insultants, même certains dangereux», allant jusqu’à des «menaces de mort», selon le quotidien «La Presse». «Pour des gens qui prônent la liberté d’expression», dit-il à propos des étudiants, «je trouve ça ridicule qu’on n’ait pas le droit de dire ce qu’on pense».

Malgré les menaces dont il dit avoir été l’objet, le pilote québécois n’a pas mâché ses mots vendredi. Interrogé sur l’intention de certaines organisations étudiantes de bloquer les stations de métro qui mènent à l’île Notre-Dame, où se déroulera dimanche le Grand Prix du Canada, Jacques Villeneuve a répondu: «S’ils bloquaient les wagons, ce serait un acte terroriste, tout simplement».

Et il a réaffirmé son exaspération: «C’est triste, c’est tout. Ça fait trois mois que ça dure, je pense que tout le monde en a marre». (afp)

(ats)

Votre opinion