Turquie: Des hackers piratent des comptes Twitter en turc

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TurquieDes hackers piratent des comptes Twitter en turc

Un message évoquant le référendum du 16 avril en Turquie et débutant par une croix nazie a été posté sur des comptes officiels.

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La justice turque a demandé mercredi l'arrestation du journaliste exilé en Allemagne Can Dündar. (5 décembre 2018)

La justice turque a demandé mercredi l'arrestation du journaliste exilé en Allemagne Can Dündar. (5 décembre 2018)

Keystone
Le Parlement turc a adopté une nouvelle loi «antiterroriste» controversée qui reprend plusieurs mesures de l'état d'urgence mis en place après le putsch manqué de juillet 2016 et aboli il y a une semaine. (Mercredi 25 juillet 2018)

Le Parlement turc a adopté une nouvelle loi «antiterroriste» controversée qui reprend plusieurs mesures de l'état d'urgence mis en place après le putsch manqué de juillet 2016 et aboli il y a une semaine. (Mercredi 25 juillet 2018)

AFP
Berlin a demandé des explications à Ankara après la fermeture soudaine d'une école allemande dans la ville turque d'Izmir. (Samedi 30 juin 2018)

Berlin a demandé des explications à Ankara après la fermeture soudaine d'une école allemande dans la ville turque d'Izmir. (Samedi 30 juin 2018)

AFP

De nombreux comptes Twitter certifiés ont été piratés mercredi matin avec un message turc pro-Erdogan. Cette attaque intervient alors qu'Ankara est en plein bras de fer avec plusieurs pays, l'Allemagne et les Pays-Bas en tête, après l'interdiction faite à plusieurs ministres de faire campagne auprès de la diaspora turque pour le «oui»au référendum du 16 avril sur l'augmentation des pouvoirs du président.

Elle intervient également le jour des élections législatives aux Pays-Bas, considérées comme un baromètre du populisme en Europe.

«Voici une petite claque ottomane »

«#Allemagne nazie #Pays-Bas nazis. Voici une petite claque ottomane pour vous. #Rendez-vous le 16 avril. Vous voulez savoir ce que j'ai écrit? Apprenez le turc», indiquait vers 08h00 le message en turc figurant notamment sur les comptes Twitter d'Amnesty International et du ministère français de l'Economie et des Finances.

Le message est suivi d'une vidéo montrant des extraits de discours du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Les comptes d'Unicef Etats-Unis, du ministère britannique de la Santé ou encore du quotidien allemand «Die Welt» - dont un correspondant est emprisonné en Turquie - ont également été visés.

Application tierce

Le ministère français de l'Economie a confirmé à l'AFP que son compte Twitter avait été piraté. «Le problème a été résolu», a-t-on précisé. De son côté, BBC News North America a publié un message sur son compte Twitter indiquant en «avoir temporairement perdu le contrôle».

Plusieurs sites internet montraient également des captures d'écran des comptes de l'homme politique français Alain Juppé, de l'ancien champion de tennis allemand Boris Becker ou encore du club de football allemand du Borussia Dortmund piratés.

«Nous sommes conscients de problèmes ce matin touchant de nombreux comptes (...) Nous avons localisé la source rapidement qui est limitée à une application tierce», a indiqué un porte-parole du réseau social Twitter.

«Nous avons supprimé ses autorisations immédiatement», a-t-il ajouté, soulignant qu'«aucun autre compte n'a été touché» et que «nous avons rapidement localisé la source qui était limitée à une application tierce».

L'application en question, Twitter Counter, a reconnu avoir été victime d'un piratage. «Nous avons ouvert une enquête sur le sujet. Avant toute conclusion, nous avons déjà pris des mesures pour contenir de tels piratages sur les comptes de nos utilisateurs», a indiqué Omer Ginor, le patron de cette société qui se présente comme le premier fournisseur de statistiques sur Twitter.

Twitter Counter, une société établie aux Pays-Bas, souligne qu'elle ne conserve pas les mots de passe des utilisateurs Twitter ni leurs données de carte bancaire.

Tensions diplomatiques

Le président Erdogan, faisant peu de cas des condamnations, a attisé mercredi la crise avec l'Europe en dénonçant son «fascisme débridé» et en imputant aux Pays-Bas le massacre de Srebrenica en ex-Yougoslavie.

Les Pays-Bas «n'ont rien à voir avec la civilisation, ni avec le monde moderne. Ce sont eux qui ont massacré plus de 8000 Bosniens musulmans en Bosnie-Herzégovine lors du massacre de Srebrenica», a-t-il déclaré lors d'un discours en Turquie. Quelque 8000 hommes et garçons musulmans avaient été tués par les forces serbes de Bosnie en juillet 1995 à Srebrenica, enclave qui était à l'époque sous la protection de Casques bleus néerlandais.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker s'est dit «scandalisé» mercredi par les propos de M. Erdogan sur le «nazisme» de l'Allemagne et des Pays-Bas, les jugeant incompatibles avec l'ambition d'Ankara de rejoindre l'UE. Pour le président du Conseil européen Donald Tusk, ces propos sont «détachés de la réalité».

(ats)

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