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GrèceDes incendies font au moins 50 morts

Selon les services d'urgence, au moins une cinquantaine de personnes ont péri lundi dans des incendies autour d'Athènes.

Les violents incendies qui ont ravagé lundi les alentours d'Athènes ont fait des dizaines de morts et «plus de 104 blessés», a annoncé dans la nuit le porte-parole du gouvernement grec, Dimitris Tzanakopoulos. Alors que 24 corps avaient déjà été retrouvés, les secours ont découvert un groupe de 26 personnes carbonisées, victimes des incendies qui sévissent en Grèce, mardi matin dans la cour d'une villa de Mati, sur la côte orientale de l'Attique, a indiqué un responsable de la Croix-Rouge.

Ces décès s'ajoutent aux 24 déjà recensés depuis lundi soir, portant le bilan de ces incendies à au moins 50 morts, selon un décompte de l'AFP.

Onze des blessés sont dans un état grave, tandis que seize sont des enfants, a précisé dans la nuit de lundi à mardi le porte-parole du gouvernement grec. La localité balnéaire de Mati, très prisée et située à près de 30 kilomètres à l'est d'Athènes, est dévastée par les flammes.

«Avec l'avancée des secours, nous risquons de découvrir de nouvelles victimes. La nuit va être longue», s'est inquiété un responsable du service de presse des pompiers.

Les autorités ont appelé lundi des milliers d'habitants de la région côtière à abandonner leurs maisons pour échapper à un gigantesque brasier, qui a entraîné la fermeture de l'autoroute la plus fréquentée du pays, de liaisons ferroviaires et perturbé le trafic aérien à l'aéroport d'Athènes en raison de la mauvaise visibilité.

Opération de sauvetage

Neuf patrouilleurs côtiers, deux bâtiments militaires et «des dizaines de bateaux privés» assistés d'hélicoptères de l'armée étaient mobilisés dans la nuit de lundi à mardi pour évacuer sur le port de Rafina, proche de Mati, les résidents et les touristes ayant fui les flammes sur les plages et en mer, a indiqué le porte-parole. Les rescapés étaient transférés vers des hôtels et des camps militaires.

En fin d'après-midi, un autre incendie s'est déclenché au nord et à l'est de la capitale. Le maire d'une localité touchée par les flammes a parlé d'une centaine de maisons et d'au moins 200 véhicules détruits.

L'armée a été appelée en renfort pour lutter contre les feux, alors que plus de 200 pompiers et 60 véhicules sont déjà mobilisés dans la région de Kineta, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de la capitale, où passe l'une des deux autoroutes menant vers le Péloponnèse.

Un responsable des pompiers a appelé les habitants de cette région à fuir pour échapper aux flammes et à la fumée. «Personne ne peut résister à autant de fumée pendant tant d'heures. C'est une situation extrême», a-t-il souligné.

A l'est d'Athènes, dans la région de Rafina, une ville de 20'000 habitants très boisée, la situation apparaît très critique. Le maire de la ville a dit avoir vu au moins une centaine de maisons en feu. «C'est une catastrophe», a-t-il lâché.

Renforts chypriotes et espagnols

La Grèce a activé le mécanisme européen de protection civile pour obtenir de l'aide de ses partenaires. L'Espagne va envoyer des avions et Chypre une équipe de 60 pompiers. Au vu de la situation, la présidence de la république a annulé la réception annuelle prévue mardi pour commémorer le rétablissement de la démocratie en Grèce en juillet 1974.

Le premier ministre Alexis Tsipras s'est dit «intrigué par les départs de feu simultanés à l'est comme à l'ouest d'Athènes», laissant soupçonner une action criminelle. Les États-Unis vont mettre à disposition un drone, qui sera déployé dès mardi dans le ciel d'Athènes, «pour repérer toute action suspecte», a souligné le porte-parole du gouvernement.

Les incendies de forêt sont fréquents en Grèce, où des dizaines de personnes avaient trouvé la mort en 2007. Mais les conditions climatiques, avec en particulier un hiver doux et sec, ont créé des conditions particulièrement propices cette année. Selon le secrétaire général à la protection civile, les feux ont été attisés par des vents soufflant jusqu'à plus de 100 km/h, une «situation extrême».

Les incendies ont pris alors qu'une vague de chaleur s'abattait sur le pays, avec des températures grimpant jusqu'à 40 degrés Celsius. Selon les services météorologiques, les conditions doivent rester difficiles mardi.

(AFP)

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