02.12.2014 à 12:03

Hong KongDes leaders du mouvement prodémocratie vont se rendre

Les trois fondateurs d'Occupy Central, le principal mouvement prodémocratie de Hong Kong, ont annoncé mardi qu'ils allaient se rendre à la police.

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Chan Kin-man (gauche), 60 ans, professeur de sociologie, et Benny Tai (centre), 54 ans, professeur de droit, ont écopé de 16 mois de prison. (Mercredi 24 avril 2019)

Chan Kin-man (gauche), 60 ans, professeur de sociologie, et Benny Tai (centre), 54 ans, professeur de droit, ont écopé de 16 mois de prison. (Mercredi 24 avril 2019)

AFP
Les leaders de la «révolte des parapluies» jugés coupables: le pasteur baptiste Chu Yiu-ming (à droite), le professeur de droit Benny Tai (à gauche) et  le  professeur de sociologie Chan Kin-man ( au centre), encourent sept ans de prison. (Lundi 9 avril 2019)

Les leaders de la «révolte des parapluies» jugés coupables: le pasteur baptiste Chu Yiu-ming (à droite), le professeur de droit Benny Tai (à gauche) et le professeur de sociologie Chan Kin-man ( au centre), encourent sept ans de prison. (Lundi 9 avril 2019)

AFP
Des figures du mouvement prodémocratie sont jugés pour leur participation à la «révolte des parapluies» de l'automne 2014 qui avait réclamé en vain à Pékin des réformes politiques. (Lundi 9 avril 2019)

Des figures du mouvement prodémocratie sont jugés pour leur participation à la «révolte des parapluies» de l'automne 2014 qui avait réclamé en vain à Pékin des réformes politiques. (Lundi 9 avril 2019)

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Les trois fondateurs du mouvement social ont appelé les manifestants à évacuer les sites qu'ils occupent depuis plus de deux mois, alors que certains leaders radicaux débutaient une grève de la faim.

«Alors que nous nous préparons à nous rendre, nous appelons tous les trois les étudiants à battre en retraite, à s'enraciner profondément dans la communauté et transformer» la nature du mouvement, a déclaré le dirigeant d'Occupy Central Benny Tai.

Cette annonce survient au lendemain de heurts entre policiers et manifestants, parmi les plus graves depuis l'accélération le 28 septembre de la campagne prodémocratie dans l'ancienne colonie britannique passée sous tutelle chinoise.

«La reddition n'est pas un signe de lâcheté»

Benny Tai, Chan Kin-man et Chu Yiu-ming ont fondé Occupy Central, un mouvement de désobéissance civile, début 2013 pour demander des réformes politiques. Mais les associations d'étudiants plus radicales ont occupé de plus en plus le devant de la scène.

Benny Tai a expliqué qu'ils allaient se rendre tous trois à la police mercredi pour montrer leur engagement envers l'Etat de droit et le «principe de la paix de l'amour». «La reddition n'est pas un signe de lâcheté. Se rendre, ce n'est pas échouer, c'est la dénonciation silencieuse d'un gouvernement sans cœur», a-t-il lancé.

Il a rendu hommage au courage des occupants qui campent depuis plus de deux mois dans les rues. Mais la police est «hors de contrôle» et il est temps pour les manifestants de «quitter ces lieux dangereux», a-t-il dit.

Trois visages plus radicaux

Les leaders étudiants du mouvement prodémocratie, plus radicaux, ont de leur côté débuté mardi une grève de la faim. Ils ont expliqué que leur but était d'obtenir la réouverture du dialogue avec le gouvernement local.

Joshua Wong, 18 ans, devenu le visage des manifestations pour réclamer un véritable suffrage universel dans l'ancienne colonie britannique, et deux jeunes femmes membres de Scholarism, une association estudiantine, avaient annoncé lundi qu'ils entamaient une «grève de la faim indéfinie».

«Nous espérons, après notre grève de la faim, pouvoir discuter librement avec des représentants du gouvernement. Alors, il y aura une chance de résoudre ce problème de Hong Kong», a dit Joshua Wong à la presse. «Pour le moment, nous ne prévoyons pas de décider de notre retrait ou non» de ces sites, a-t-il ajouté.

Les trois grévistes jeûnent sous des tentes installées près du siège du gouvernement à Hong Kong, où les températures ont fortement baissé ces derniers jours. Le chef de l'Exécutif hongkongais, Leung Chun-ying, a exhorté les étudiants à préserver leur santé.

«Intolérable»

Leng Chun-ying avait estimé lundi que la poursuite des manifestations était devenue «intolérable» après de nouveaux heurts violents entre manifestants et forces de l'ordre.

Le 28 septembre, le mouvement prodémocratie s'était brutalement accéléré à Hong Kong et les manifestants étaient descendus dans les rues par dizaines de milliers. Depuis, leur nombre s'est considérablement réduit et la police a dégagé plusieurs sites occupés, mais la persistance des sit-in à Admiralty et Causeway Bay, sur l'île de Hong Kong, perturbe les transports et l'activité économique.

Territoire chinois bénéficiant d'une large autonomie, l'ancienne colonie britannique connaît sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à Pékin en 1997. Ses habitants bénéficient de droits inconnus sur le continent, mais le sentiment que ces libertés sont menacées se répand de plus en plus.

Pékin a approuvé le principe «une voix, un vote» pour la prochaine élection du chef de l'Exécutif en 2017. Mais les autorités ont réservé à un comité de grands électeurs majoritairement favorable au Parti communiste chinois le soin de présélectionner les candidats, condition inacceptable pour le camp prodémocratie.

(ats)

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