21.06.2019 à 08:51

AllemagneDes manifestants ciblent une mine de charbon

Des militants venus de toute l'Europe manifestent en Allemagne contre l'utilisation du charbon.

«Nous sommes inarrêtables. Un autre monde est possible», chantaient les activistes.

«Nous sommes inarrêtables. Un autre monde est possible», chantaient les activistes.

AFP

«Il n'y a pas de planète B»: plusieurs dizaines de milliers de manifestants venus de toute l'Europe se sont mobilisés vendredi en Allemagne contre l'énergie charbonnée. Des lycéens et des étudiants ont défilé à Aix-la-Chapelle tandis qu'une opération coup de poing visait à paralyser une mine de charbon.

Cette nouvelle journée de mobilisation massive s'inscrit dans le cadre d'un mouvement européen porté principalement par la jeunesse. Il exigea des dirigeants du monde entier des actes concrets pour la planète.

Tenant leur première manifestation internationale, entre 20'000 et 40'000 collégiens, lycéens et étudiants, respectivement selon la police et les organisateurs, venus de 16 pays, ont défilé dans l'après-midi à Aix-la-Chapelle, à la confluence de l'Allemagne, des Pays-Bas et de la Belgique.

«Justice sans frontières», «grève pour le climat», «cette planète devient plus chaude que Ryan Gosling» ou encore «E-mobilité: votre prochain mensonge» pouvait-on lire sur plusieurs pancartes, sur fond de musique festive.

«Devenir un héros»

Confortés par le succès des formations écologistes aux Européennes, ces jeunes souvent mineurs «sont les acteurs politiques du moment», estime l'hebdomadaire Der Spiegel. Certains se montrent de plus en plus impatients face à la lenteur de l'action politique. «Nous voulons donner un signal, c'est pourquoi nous sommes un nombre incroyable de personnes et crions fort avec des affiches pour demander aux politiciens de faire quelque chose, car il est déjà beaucoup trop tard», a déclaré à l'AFP Jonas, 21 ans.

Plusieurs de ces jeunes manifestants ont assuré vouloir aller plus loin et rejoindre l'action anti-charbon qui doit durer jusqu'à samedi à une trentaine de kilomètres, dans le bassin minier rhénan.

C'est là que se situe la mine de Garzweiler, où des militants plus âgés et plus aguerris ont tenté d'organiser leur opération coup de poing annuelle, effectuée depuis 2015, contre une mine de charbon.

Organisés depuis mercredi en «camp climatique», quelque 4000 activistes du mouvement «Ende Gelände» («terminus» ou «fin de l'histoire») ont à plusieurs reprises tenté d'accéder à ce site d'extraction à ciel ouvert.

Mine bloquée

Après un incessant jeu du chat et de la souris, quelque 500 militants ont réussi en fin de journée à s'introduire sur le site, malgré l'important dispositif policier.

Munis de parapluie et d'affaires pour la nuit, ils occupaient depuis 19h30 les rails qui approvisionnent la fumante centrale de charbon voisine de Neurath, contraignant à l'arrêt un train rempli de charbon de l'énergéticien RWE, a constaté une journaliste de l'AFP.

Des policiers essayaient de les déloger, alors qu'une délégation de députés écologistes et de la gauche radicale étaient sur place en guise d'observateurs pour surveiller qu'aucune action violente ne se produise.

Le mouvement anti-charbon a gagné en importance en Allemagne depuis que la sortie du nucléaire décidée en 2011 a prolongé la dépendance du pays à ce minerai. Source d'une énergie plus prévisible, meilleur marché et plus facile à acheminer que l'éolien ou le solaire, il représente encore près de 40% de la production d'électricité du pays.

Le gouvernement allemand vient seulement de décider son abandon d'ici 2038, échéance jugée trop lointaine par les activistes, et dépourvue pour l'heure d'un calendrier précis pour fermer mines et centrales.

(AFP)

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