Actualisé 25.03.2020 à 08:46

Des masques de plongée transformés en respirateurs

Italie

Suite à une idée géniale d’un médecin, une société italienne concocte gratuitement des masques qui seront très utiles en cas de pénurie.

par
lematin.ch
Avec ses valves ajoutées imprimées en 3D, le masque peut se connecter aux tubes des hôpitaux.

Avec ses valves ajoutées imprimées en 3D, le masque peut se connecter aux tubes des hôpitaux.

Isinnova

Créer un masque respiratoire en adaptant un masque de plongée disponible dans le commerce. Cette idée, qualifiée d’aussi «simple que géniale» par le «Corriere della Sera» est née dans le cerveau de Renato Favero, un ancien médecin chef de la province de Brescia, au nord de l’Italie.

L’homme ne s’est pas contenté d’avoir de l’imagination, il a contacté dans la foulée Isinnova, une entreprise de Brescia spécialisée dans les projets innovants. Son idée était-elle matérialisable? La firme a estimé que oui, après avoir modélisé des valves qui seraient imprimées en 3D.

Prototype créé

«Nous avons analysé la proposition du docteur et nous avons conclu que le masque Easybreath de Decathlon était celui qui se prêtait le mieux à nos exigences. Decathlon nous a répondu qu’ils en avaient des dizaines de milliers en magasin. Ensuite nous avons imprimé en 3D les raccords nécessaires entre le masque et les tubes d’hôpital standard», raconte l’ingénieur Alessando Romaioli, dans les colonnes du quotidien italien, repris par le «Courrier international».

Les équipes d’Isinnova ont ensuite créé un prototype. Précisons qu’on ne parle pas ici des respirateurs utilisés pour les cas critiques mais d’appareils d’aide à la respiration, ou masques C-PAP, pour Continuous Positive Airway Pressure. Ils sont utilisés par des malades qui n’ont pas été endormis.

«Toujours privilégier les produits certifiés»

Le prototype a été testé dans un hôpital et validé. Résultat: la protection civile de Brescia a commandé 500 masques Decathlon. Et la production pour les transformer en respirateurs a débuté.

Attention, prévient Alessandro Romaioli, «il s’agit d’un produit modifié de façon artisanale pour aider dans des situations d’urgence, si possible il faut toujours privilégier les produits certifiés». Le «Corriere della Sera» souligne d’ailleurs que les patients doivent signer une déclaration stipulant qu’ils acceptent d’utiliser un appareil biomédical non certifié.

«Heureux de pouvoir aider»

Reste que cette alternative ingénieuse pourra vraiment être utile en cas de pénurie. Et les employés d’Isinnova ne comptent plus leurs heures pour participer à la lutte contre la pandémie. «Je ne dors plus que quatre heures par nuit et j’ai perdu cinq kilos en huit jours… mais en même temps, nous sommes vraiment heureux de pouvoir aider», commente le fondateur de l’entreprise Cristian Fracassi.

BFMTV note de son côté que le même masque de Decathlon est manifestement utilisé par des particuliers pour se protéger du virus. Et parfois modifié. A tel point que l’enseigne sportive a tenu à mettre la population en garde.

Pas de bricolages, svp

«Le masque Easybreath, rendu visible par nombre d'internautes ces derniers jours et présenté comme un éventuel masque de protection au Coronavirus, n'a pas été conçu pour cet usage. Son usage initial demeure la pratique du snorkeling. L'enseigne recommande ainsi de ne pas modifier le masque par soi même; cela pourrait impacter son fonctionnement, notamment concernant les flux d’air», a communiqué Decathlon.

Histoire de rappeler que, contrairement aux Italiens qui ont imaginé le respirateur, nous ne sommes pas des ingénieurs…

Renaud Michiels

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