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Genève«Des méthodes qui font froid dans le dos»

Les réactions sont outrées à la suite de l'arrestation de Dominique Giroud et ses complices qui ont tenté de hacker les ordinateurs de deux journalistes à la RTS et au Temps.

par
Eric Felley
Keystone

Bernard Rappaz, chef de l'information à la RTS, est « stupéfait » par la tournure prise par les événements. Il y a un mois, un logiciel espion avait été découvert dans l'ordinateur d'un des journalistes qui enquêtent sur la fraude fiscale de Giroud Vins depuis 2013. « On a constaté un piratage assez sophistiqué, explique-t-il, c'est pourquoi nous avons déposé plainte contre X. » Au mois de mars, le journal Le Temps avait déjà constaté la même effraction dans l'ordinateur de sa journaliste, qui traite de l'affaire Giroud depuis le Valais. Son rédacteur en chef Pierre Veya se dit lui aussi «stupéfait que des gens se permettent de telles choses.»

Le Ministère public genevois a arrêté ce matin Dominique Giroud, ainsi qu'un détective privé, un hacker et, plus grave, un agent du service de renseignement de la Confédération, qui serait leur complice. Pour le conseiller national valaisan Yannick Buttet (PDC/VS), l'affaire prend une dimension nationale: «C'est très grave et on se demande où cela va s'arrêter. Au début, on avait à faire à un cas bénin de monté en épingle pour des raisons politiques et maintenant nous assistons à un feuilleton digne de Millenium. Pour l'image du Valais, c'est très négatif.»

En Valais justement, où siège actuellement le Grand Conseil, l'arrestation de Dominique Giroud a sonné comme une bombe. Pour le président du PLR valaisan, Xavier Mottet «Ca dépasse l'entendement. Si cela s'avère, les méthodes utilisées par Giroud font froid dans le dos, ce sont des méthodes d'un autre temps.»

Pour Gaël Bourgeois, président du PS, ce nouvel épisode confirme hélas ces craintes «Cela démontre le fonctionnement du personnage, qui est déjà dans une situation délicate au niveau fiscal et pénal. J'ai de la peine à comprendre une telle arrogance. C'est un état d'esprit insupportable.» Dominique Giroud et ses complices doivent être entendus par le Ministère public genevois, où le procureur général Olivier Jornot dirige l'enquête.

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