Espagne: Des migrants «esclaves» dans des serres libérés

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EspagneDes migrants «esclaves» dans des serres libérés

Cinq responsables d'une société d'intérim et quatre dirigeants d'une société agricole ont également été arrêtés dans le cadre de l'opération de police

De nombreux migrants subsahariens essaient d'atteindre l'Espagne en pénétrant dans les enclaves espagnole situés sur le territoire marocain

De nombreux migrants subsahariens essaient d'atteindre l'Espagne en pénétrant dans les enclaves espagnole situés sur le territoire marocain

Keystone

La police espagnole a annoncé samedi l'interpellation de neuf personnes accusées d'avoir employé des immmigrés clandestins «dans des conditions proches de l'esclavage» dans des serres agricoles de la région de Murcie (sud-est).

La direction générale de la police nationale a souligné, dans un communiqué, «l'absence de scrupules» des responsables interpellés, en évoquant notamment «des traitements insecticides pratiqués en pleine journée de travail». «Les produits phytosanitaires retombaient sur les travailleurs, dont plusieurs femmes enceintes», a-t-elle souligné.

Depuis mai

Cinq responsables d'une société d'intérim et quatre dirigeants d'une société agricole, âgés de 24 à 50 ans, ont été arrêtés sur le territoire des municipalités de Lorca (90'000 habitants) et Mazarrón (35'000 habitants), selon la police. Ces zones sont réputées notamment pour la production d'artichauts, de brocolis, de poivrons de de laitues.

Ces employeurs sont soupçonnés d'avoir soumis des travailleurs étrangers clandestins à «des conditions de travail abusives et proches de l'esclavage», a souligné la police, sans préciser la nationalité des ouvriers.

Une unité de la police de la région de Murcie, spécialisée dans la lutte contre les réseaux d'immigration clandestine, avait eu connaissance dès le mois de mai d'irrégularités commises par une société d'intérim, qui employait des clandestins en usurpant les identités d'autres étrangers disposant d'un permis de travail.

Boom de l'exploitation criminelle

L'enquête a permis de découvrir l'ampleur de leur exploitation: dépourvus de contrat de travail, les travailleurs agricoles étaient payés en dessous du salaire minimum (à 756 euros en Espagne), a rapporté la police.

«Leur temps de repos arrivait à peine à 15 minutes qu'ils devaient récupérer en prolongeant leur journée de travail, »leurs frais de déplacement étaient décomptés« de leur rétribution et »tout type de communication leur était interdit«, a ajouté la police nationale.

Les personnes interpellées seront poursuivies pour atteinte aux droits des travailleurs, incitation à l'immigration illégale, atteinte à la santé publique et appartenance à un groupe criminel, selon la même source.

L'exploitation criminelle de main d'oeuvre étrangère - notamment dans l'agriculture - est »endémique« dans l'Union européenne, avait dénoncé en juin l'Agence des droits fondamentaux de l'UE.

(AFP)

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