03.03.2016 à 13:12

FranceDes migrants se cousent la bouche pour protester

Afin de protester contre le démantèlement de la «jungle», des Iraniens se sont fait coudre la bouche à Calais. C'est la deuxième fois en 12h.

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Un rapport commandé par le gouvernement français estime «plausibles» certains abus des forces de sécurité à l'encontre des migrants de la «Jungle» de Calais. (Mardi 24 octobre 2017)

Un rapport commandé par le gouvernement français estime «plausibles» certains abus des forces de sécurité à l'encontre des migrants de la «Jungle» de Calais. (Mardi 24 octobre 2017)

Keystone
L'ex-«Jungle» de Calais va devenir un site écologique. Les travaux de réhabilitation ont commencé ce lundi 3 juillet 2017.

L'ex-«Jungle» de Calais va devenir un site écologique. Les travaux de réhabilitation ont commencé ce lundi 3 juillet 2017.

Keystone
Une ONG britannique se dit très inquiète pour quelque 60 mineurs isolés de Calais après avoir perdu leur trace. En effet, les enfants restent introuvables. (23 novembre 2016)

Une ONG britannique se dit très inquiète pour quelque 60 mineurs isolés de Calais après avoir perdu leur trace. En effet, les enfants restent introuvables. (23 novembre 2016)

AFP

La scène terrible se passait, au milieu d'un attroupement, devant des photographes et cameramen, juste en face de l'abri de Médecins sans frontières, dans la zone sud de la «jungle» vouée à être évacuée. Neuf Iraniens avaient la bouche cousue ou en train de l'être, sans que l'on sache si parmi eux certains s'étaient déjà fait coudre la bouche la veille.

Ce groupe était constitué uniquement d'hommes, qui avaient presque tous le visage masqué par des écharpes trouées au niveau des yeux. L'un d'eux, âgé d'une quarantaine d'années, poussait des gémissements.

Sur une pancarte, on pouvait lire «Will you listen now» («Est-ce que vous allez nous écouter, désormais ?»)

Vers 13h30, ces migrants iraniens défilaient et se postaient devant des CRS barrant l'accès au périmètre très restreint en train d'être démantelé. A quelques mètres, un tractopelle faisait des allées et venues.

«Cabane» détruite

La veille, huit Iraniens, selon deux associations d'aide aux migrants, deux selon la préfecture, s'étaient fait coudre la bouche.

Ils avaient agi ainsi «parce que leur cabane venait d'être détruite», avait expliqué François Guennoc, de l'association L'Auberge des migrants.

En novembre dernier à Idomeni, à la frontière gréco-macédonienne, au moins cinq migrants, qui déclaraient être iraniens, s'étaient cousu les lèvres pour protester contre le refus de la Macédoine de les laisser passer.

(AFP)

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