Soudan – Des milliers de citoyens disent non au pouvoir militaire
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SoudanDes milliers de citoyens disent non au pouvoir militaire

Un mois jour pour jour après le coup d’État militaire, des Soudanais sont descendus, jeudi, dans la rue pour crier leur colère. Ils réclament un «vrai» gouvernement civil.

Un mois après le putsch, la mobilisation des opposants au pouvoir militaire ne faiblit pas au Soudan.

Un mois après le putsch, la mobilisation des opposants au pouvoir militaire ne faiblit pas au Soudan.

AFP

Des milliers de manifestants ont scandé, jeudi, «Non au pouvoir militaire», réclamant un véritable changement au Soudan, où un accord vient de réinstaller le Premier ministre civil tout en renforçant la mainmise de l’armée, après son putsch du 25 octobre. À l’issue de cette journée de mobilisation, selon l’ONU un «test» pour le pouvoir, qui tente de regagner les bonnes grâces de la communauté internationale, les manifestants se dispersaient dans le calme à Khartoum et ailleurs.

Seuls incidents, pour lesquels aucun blessé grave n’a été recensé: les forces de sécurité ont tiré des grenades lacrymogènes sur des manifestants dans la banlieue de Khartoum, ainsi que dans le centre et l’ouest du pays, ont rapporté des témoins.

Premier ministre à la botte des militaires

Dimanche, le général Abdel Fattah al-Burhane, auteur du coup d’État, contentait en apparence les exigences de la communauté internationale en permettant à Abdallah Hamdok, évincé par les militaires le jour du putsch, de retrouver son poste. Mais la rue dit ne pas vouloir d’un Premier ministre civil qui est, selon elle, complètement inféodé aux généraux, dont la répression depuis le coup d’État a déjà fait 42 morts et des centaines de blessés parmi les manifestants, selon un syndicat de médecins prodémocratie.

Qoussaï Majdi dit être venu protester pour «réclamer justice pour tous ceux qui ont été tués depuis le coup d’État de Burhane et de Hemedti», le surnom donné au général Mohammed Hamdane Daglo, chef des très redoutées Forces de soutien rapide, un groupe paramilitaire formé d’anciens miliciens accusés de «nettoyage ethnique» au Darfour, aujourd’hui numéro deux des autorités de transition.

Depuis plusieurs jours, les militants appelaient à faire de ce jeudi - qui marque un mois jour pour jour depuis le putsch - la «journée des martyrs», avec de nouvelles manifestations dans tout le pays contre les militaires et Abdallah Hamdok, à qui ils reprochent sa «trahison». Dans la banlieue nord de la capitale, Khartoum, les manifestants accusaient le général Burhane d’être lié aux partisans de l’ancien régime, une dictature militaro-islamiste.

«Suicide politique»

Alors que la communauté internationale et les défenseurs des droits humains n’ont cessé de dénoncer une répression menée à balles réelles, Volker Perthes, l’émissaire de l’ONU au Soudan, avait appelé, dès mercredi, à éviter «l’effusion de sang et les arrestations arbitraires». Ces nouveaux défilés, a-t-il ajouté, sont un «test» pour Khartoum, dont une bonne part de l’aide internationale est toujours suspendue, de même que ses activités au sein de l’Union africaine.

L’un des fers de lance de la révolte anti-Béchir, l’Association des professionnels soudanais, a dénoncé un «suicide politique» d’Abdallah Hamdok, tandis que douze de ses 17 ministres, partisans d’un pouvoir civil, ont annoncé avoir démissionné en signe de désaccord à son retour auprès de Burhane. Dans un entretien, mercredi, avec des médias locaux, le Premier ministre a affirmé avoir agi pour «faire cesser l’effusion de sang» et «ne pas perdre les acquis des deux années écoulées» depuis la fin de la dictature Béchir.

(AFP)

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