Colombie - Des milliers de Colombiens à nouveau dans les rues
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ColombieDes milliers de Colombiens à nouveau dans les rues

Les manifestants exigent toujours la fin de la répression policière et des politiques publiques plus solidaires face à l’impact économique de la pandémie.

La crise sociale, qui a éclaté le 28 avril contre un projet de hausse des impôts depuis retiré, se traduit par des manifestations quasi quotidiennes d’importance diverse.

La crise sociale, qui a éclaté le 28 avril contre un projet de hausse des impôts depuis retiré, se traduit par des manifestations quasi quotidiennes d’importance diverse.

AFP

Des milliers de personnes protestaient à nouveau mercredi contre le président Ivan Duque en Colombie, où depuis fin avril des manifestations d’une ampleur inédite ont fait des dizaines de morts alors que les négociations avec le gouvernement ne progressent pas.

Descendus dans les rues de plusieurs villes, les manifestants exigent notamment la fin de la répression policière et des politiques publiques plus solidaires face à l’impact économique de la pandémie de Covid-19, qui a plongé 42% des 50 millions d’habitants de ce pays dans la pauvreté.

«Nous avons besoin d’opportunités, que l’éducation, la santé, soit un droit et pas un privilège!» s’enflamme Sofia Perico, une lycéenne de 15 ans, venue manifester en famille devant un hôtel du centre de la capitale où une délégation de la Commission interaméricaine des droits humains (CIDH) tient ses réunions. «Nous voulons un changement de politique sociale, de politique économique (…) le peuple n’en peut tout simplement plus», renchérit le professeur Dernir Galvis, un autre manifestant.

Violents affrontements

La crise sociale, qui a éclaté le 28 avril contre un projet de hausse des impôts depuis retiré, se traduit par des manifestations quasi quotidiennes d’importance diverse, des barrages routiers, affectant notamment le sud-ouest du pays, et de violents affrontements avec les forces de l’ordre. La communauté internationale a dénoncé les excès et abus de policiers, ce qui a motivé la visite de la CIDH du 6 au 10 juin.

À Bogotá, des indigènes ont en outre tenté de renverser les statues de Christophe Colomb et de la reine Isabel «La Catholique», situées sur une avenue menant à l’aéroport international El Dorado. «Nous voulons ici dénoncer ces crimes contre l’humanité d’il y a plus de 500 ans, qui continuent à être commis aujourd’hui. Les façons de gouverner et de réprimer le peuple restent les mêmes», a déclaré à l’AFP Edgar Velasco, un amérindien de 36 ans, qui protestait près des statues dont les abords étaient bouclés par la police.

Au moins 61 morts

Le président conservateur Duque a annoncé dimanche une réforme de la police axée sur le respect des droits humains, mais s’est attiré des critiques quant à la portée limitée des mesures promises. Au moins 61 personnes, dont deux policiers, sont mortes depuis le début des manifestations, selon les autorités et le Défenseur du peuple, entité publique de protection des droits.

De son côté, l’ONG Human Rights Watch (HRW) a assuré mercredi avoir reçu des «dénonciations crédibles» concernant 34 morts, dont 20 apparemment dues à la police, parmi lesquelles 16 causées par des balles tirées dans l’intention de «tuer». Près de 2400 civils et policiers ont par ailleurs été blessés en près d’un mois et demi de protestations, selon un bilan du ministère de la Défense.

Le Comité national de grève, organisation la plus visible de la mobilisation mais qui n’en représente pas tous les secteurs, a suspendu dimanche les négociations entamées le 7 mai avec le gouvernement d’Ivan Duque, au pouvoir depuis 2018. «La solution immédiate doit être la médiation» car «nous (les manifestants) sommes fracturés de l’intérieur» sans réel leadership, regrette le professeur Israel Perico, parmi les manifestants à Bogotá. Un éventuel accord avec le Comité national de grève est considéré comme un pas vers une sortie de crise, mais pas comme une solution définitive.

Chute de 52% des exportations de café

La Colombie, premier producteur mondial d’arabica doux, a vu ses exportations de café chuter de 52% du fait des barrages routiers et des manifestations anti-gouvernementales, a annoncé mercredi la Fédération nationale des caféiculteurs (FNC). Sur l’année, les exportations ont toutefois augmenté de 7% à plus de 4,9 millions de sacs, contre 4,6 millions au cours des cinq premiers mois de 2020, selon la même source.

Pour la première fois, la FNC n’a pas publié le chiffre mensuel de la production en mai, les barrages routiers ayant empêché le transport des grains et donc le calcul de la récolte totale, a expliqué à l’AFP un porte-parole de la fédération. La variété d’arabica cultivée en Colombie se négociait mercredi à 1,57 dollar la livre à la bourse de New York, en hausse par rapport au cours moyen de 1,10 dollar en 2020.

(AFP)

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