19.09.2015 à 19:45

Crise migratoireDes milliers de migrants ballottés dans les Balkans

Malgré les obstacles aux frontières et les tensions entre les gouvernements, plusieurs milliers de personnes continuent leur marche.

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Le camp d'Idomeni a été évacué. Plusieurs milliers de personnes ont été déplacées vers des centres d'accueils, notamment à Thessalonique. (26 mai 2016)

Le camp d'Idomeni a été évacué. Plusieurs milliers de personnes ont été déplacées vers des centres d'accueils, notamment à Thessalonique. (26 mai 2016)

Marko Djurica, Reuters
A Idomeni, des heurts ont éclaté entre migrants et policiers macédoniens. Ces derniers ont utilisé des gaz lacrymogènes. (Dimanche 10 avril)

A Idomeni, des heurts ont éclaté entre migrants et policiers macédoniens. Ces derniers ont utilisé des gaz lacrymogènes. (Dimanche 10 avril)

Stoyan Nenov, Reuters
Peu après 5 heures, un petit ferry, Lesvos, et un catamaran plus imposant, Nezli Jale, ont embarqué un total de 131 personnes (Lundi 4 avril 2016).

Peu après 5 heures, un petit ferry, Lesvos, et un catamaran plus imposant, Nezli Jale, ont embarqué un total de 131 personnes (Lundi 4 avril 2016).

Keystone

Des milliers de migrants pressés de gagner l'Europe du Nord étaient bloqués samedi dans les Balkans de l'Ouest, Croatie, Hongrie et Slovénie se les renvoyant.

Face à ce flux qui ne se tarit pas, plusieurs pays dont la Suisse appellent à renforcer l'aide aux pays d'origine de ces personnes.

Marchant à travers champs, des centaines de migrants continuaient d'arriver depuis la Serbie en Croatie, devenue la nouvelle route de leur exil depuis que la Hongrie a verrouillé sa frontière.

Une barrière de barbelés

Budapest a annoncé samedi avoir achevé la pose de barbelés sur 41 kilomètes de sa frontière avec la Croatie. Mais une clôture pas complètement hermétique, selon les journalistes de l'AFP sur place. La Hongrie en avait déjà établi une sur les 175 kilomètres de sa frontière avec la Serbie.

Après avoir ouvert sa porte aux migrants, Zagreb a assuré vendredi être arrivé à saturation, avec l'arrivée de plus de 17'000 personnes en trois jours. Ses autorités ont reconnu vouloir forcer la main à Budapest en renvoyant les migrants en bus et en train vers la frontière hongroise.

Tensions grandissantes entre Etats

La Hongrie accuse Zagreb d'avoir violé sa souveraineté territoriale. «La Croatie ne deviendra pas le centre de réfugiés de l'Europe», a prévenu le Premier ministre Zoran Milanovic. Les migrants ont également afflué vers la Slovénie voisine, qui tentait difficilement samedi de canaliser ces flots arrivant de Croatie.

Des centaines de réfugiés ont passé la nuit à Bregana, entre les deux pays, tandis que d'autres restaient massés au petit poste-frontière voisin d'Harmica, a constaté un journaliste sur place. La Slovénie est prête à accueillir «jusqu'à 10'000» réfugiés, a déclaré son ambassadeur en Allemagne, Marta Kos Marko.

Vendredi soir, la police slovène a dispersé au gaz lacrymogène plusieurs centaines de migrants qui cherchaient à forcer sa frontière avec la Croatie. Selon la police, à vendredi minuit, 1287 personnes étaient déjà entrées dans le pays.

La police hongroise a indiqué que depuis le début de la crise, 209'963 réfugiés avaient traversé la frontière hongroise, dont 200'973 à partir de la Serbie et 7993 à partir de la Croatie.

Appel lancé par l'UE

L'Autriche attendait 10'000 migrants samedi, selon la police, et 6700 migrants sont arrivés de Hongrie dans la nuit.

L'évolution de la crise migratoire dans cette partie de l'Europe maintient la pression sur l'UE. Ses dirigeants se retrouvent mercredi à Bruxelles pour tenter de surmonter leurs divisions. Samedi, la République tchèque a elle annoncé qu'elle saisirait la justice européenne en cas de quotas contraignants.

Et le commissaire européen à l'Elargissement, Johannes Hahn, a notamment proposé d'allouer à la Turquie, qui a accueilli plus de deux millions de Syriens, «jusqu'à un milliard d'euros», pour l'aider à «faire face à ce défi».

Manifestations en Europe

La Suisse a elle décidé vendredi de débloquer 70 millions de francs supplémentaires pour l'aide humanitaire. Samedi, le conseiller fédéral Didier Burkhalter et ses homologues Frank-Walter Steinmeier et serbe Ivica Dacic ont appelé les pays de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à augmenter leur contribution.

Parmi eux, l'Autriche et l'Allemagne ont plaidé pour une hausse de 5 milliards d'euros de l'aide de l'ONU aux réfugiés. Et le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizière, de proposer que l'UE n'accueille plus qu'un contingent «limité» de réfugiés.

Le patron des opérations humanitaires de l'ONU, Stephen O'Brien, a rencontré samedi des réfugiés syriens dans le camp de réfugiés de Zaatari dans le nord de la Jordanie. Il a souligné l'importance de garder les réfugiés «près de chez eux».

Certains pays d'Europe occidentale accusent le coup. Des manifestants opposés à l'afflux croissant de réfugiés en Finlande ont brièvement bloqué un poste-frontière avec la Suède. Et plus de 2000 personnes ont crié en revanche leur solidarité à Calais, en France. Elles étaient plusieurs centaines à St-Gall.

Quelque 2000 personnes bloquées en Turquie

Samedi, les garde-côtes grecs ont retrouvé le corps d'une Syrienne de cinq ans, suite au naufrage d'une embarcation. La veille, une petite de quatre ans avait déjà été retrouvée sur le rivage turc, rappelant l'image du petit Aylan devenu un symbole du drame des migrants.

Au total, quelque 2000 migrants qui tentent de gagner la Grèce par la frontière terrestre turque étaient bloqués samedi autour d'Edirne (nord-ouest) par la police turque.

En Méditerranée, 2281 migrants partis de Libye ont été secourus samedi au cours de huit opérations, ont annoncé les garde-côtes italiens.

(ats)

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