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Violences policièresDes milliers de personnes manifestent à Baltimore

Les manifestants se sont mobilisés pour réclamer justice après la mort de l'Afro-Américain Freddie Gray et protester contre les violences policières.

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Le lieutenant Brian Rice (à gauche) est l'un des six policiers à comparaître. Il a été acquitté. (Lundi 18 juillet 2016)

Le lieutenant Brian Rice (à gauche) est l'un des six policiers à comparaître. Il a été acquitté. (Lundi 18 juillet 2016)

AP Photo/Steve Ruark, Keystone
Caesar Goodson, qui conduisait le fourgon au moment de la mort de Freddie Gray, a été reconnu non-coupable. Il est le second policier acquitté dans cette affaire. (Jeudi 23 juin 2016)

Caesar Goodson, qui conduisait le fourgon au moment de la mort de Freddie Gray, a été reconnu non-coupable. Il est le second policier acquitté dans cette affaire. (Jeudi 23 juin 2016)

Keystone
L'un des six policiers de Baltimore a été acquitté des quatre chefs d'accusation qui pesaient sur lui (Lundi 23 mai 2016).

L'un des six policiers de Baltimore a été acquitté des quatre chefs d'accusation qui pesaient sur lui (Lundi 23 mai 2016).

Jim Lo Scalzo, Keystone

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dans le calme mercredi 29 avril à Baltimore, New York et dans plusieurs villes de l'est des Etats-Unis pour réclamer justice après la mort de Freddie Gray, un jeune Afro-Américain, et protester contre les violences policières.

Les manifestants marchaient «sans heurts ni incidents majeurs», a précisé la police de Baltimore, même s'ils ont bloqué plusieurs artères du centre-ville.

Elle a toutefois procédé à 18 arrestations dont celles «de 16 adultes pendant la journée», ainsi que «de deux mineurs», a ajouté le chef de la police Anthony Batts lors d'un point presse.

«Pas de justice, pas de paix»

La police se «prépare pour le couvre-feu» auquel la ville est soumise et qui doit entrer en vigueur à 22 heures (4 heures du matin jeudi en Suisse).

«Pas de justice, pas de paix», scandaient les manifestants, parmi lesquels des étudiants et des lycéens, et chantaient: «envoyez ces policiers tueurs en prison, tout le foutu système est coupable».

Sur une des nombreuses pancartes, on pouvait lire: «Les policiers assassins méritent la cellule».

«La police a la gâchette facile»

Jonathan Brown, un étudiant de 19 ans, a déclaré à l'AFP: «nous manifestons contre les injustices commises par la police contre les hommes noirs. La police a la gâchette facile. Ca suffit!».

Les manifestants ont atteint l'hôtel de ville de Baltimore en début de soirée, où étaient présentes de très nombreuses forces de police et où des barricades ont été placées, a constaté l'AFP.

Tensions raciales latentes

Plusieurs centaines de manifestants se sont également rassemblés à New York pour demander justice après la mort à Baltimore de Freddie Gray dans des circonstances encore inexpliquées.

Il est décédé le 19 avril des suites d'une fracture des vertèbres cervicales, une semaine après son interpellation par la police, réveillant des tensions raciales latentes suite à une série de bavures policières visant la communauté noire américaine.

Les New-Yorkais ont commencé à se réunir à partir de 18 heures (minuit en Suisse) à Union Square, dans le sud de Manhattan, suite à un appel lancé sur la page «NYC se bouge et soutient Baltimore» sur Facebook.

Plusieurs d'entre eux ont été arrêtés par la police, qui n'a pas souhaité dire combien étaient détenus. Selon CNN, plusieurs dizaines de manifestants seraient en garde à vue.

Une petite manifestation s'est également tenue à Boston, dans le nord-est, selon des médias américains, qui font état de rassemblements à travers le pays, notamment à Washington.

Nombreux exemples de brutalités policières

Plusieurs enquêtes, internes ou indépendantes, ont été ouvertes pour déterminer les conditions dans lesquelles Freddie Gray a été blessé aux vertèbres cervicales et ce qui a causé sa mort, mais de nombreux habitants de Baltimore, et plus largement aux Etats-Unis, estiment qu'il ne s'agit que du dernier exemple en date des brutalités policières auxquelles ils sont régulièrement confrontés.

Dans la nuit de mardi à mercredi, trente-cinq personnes ont été arrêtées à la suite de heurts après l'entrée en vigueur du couvre-feu, qui doit durer une semaine, entre 22 heures et 5 heures du matin à Baltimore, a annoncé plus tôt mercredi la police de la ville.

Le chef de la police Anthony Batts avait signalé mardi soir 15 blessés parmi les policiers, dont deux ont dû être hospitalisés, et 27 arrestations.

Pas de violences comparables à lundi

La police avait lancé des fumigènes et des bombes au poivre pour disperser quelques dizaines de récalcitrants qui n'avaient pas évacué les rues. Elle avait également signalé un incendie devant une bibliothèque.

Mais rien de comparable aux émeutes qui ont secoué la ville lundi, juste après la cérémonie d'hommage à Freddie Gray, pendant lesquelles des bandes de jeunes ont en particulier incendié bâtiments et voitures, saccagé des magasins. Une vingtaine de policiers avaient été blessés.

Selon la police, sur les 209 personnes arrêtées entre lundi après-midi et lundi soir, 111 attendaient encore d'être inculpées mercredi.

Obama relève des «questions troublantes»

Barack Obama, premier président afro-américain des Etats-Unis, a condamné mardi les violences qui avaient enflammé la ville de 620'000 habitants lundi, mais admis qu'elles étaient révélatrices d'une fracture latente entre la jeunesse noire et la police.

«Nous avons vu trop d'exemples d'interactions entre la police et (...) des gens, surtout des Afro-américains, souvent pauvres, qui soulèvent des questions troublantes», a-t-il déclaré.

L'ombre de Ferguson

Plusieurs faits divers ces derniers mois, où des Afro-Américains non armés ont été tués par des policiers blancs, avaient provoqué des manifestations qui ont parfois viré aux émeutes, notamment à Ferguson (centre).

Baltimore, l'une des villes les plus violentes des Etats-Unis au début des années 1990, avait connu un certain retour au calme depuis plusieurs années. Certaines zones de la ville restent cependant très pauvres.

(AFP)

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