Croatie: des milliers manifestent pour le droit à l’avortement
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CroatieDes milliers manifestent pour le droit à l’avortement

Le cas d’une Croate uniquement autorisée à interrompre sa grossesse en raison d’une maladie grave du fœtus a soulevé une vague d’indignation.

La manifestation a été organisée à Zagreb et dans huit autres villes de Croatie.

La manifestation a été organisée à Zagreb et dans huit autres villes de Croatie.

AFP

Des milliers de personnes ont manifesté jeudi à Zagreb en faveur du droit à la santé des femmes suite au cas d’une Croate uniquement autorisée à interrompre sa grossesse en raison d’une maladie grave du fœtus, après un vaste mouvement d’indignation dans le pays.

La manifestation, organisée sous le mot d’ordre «Assez» s’est déroulé au lendemain de l’annonce par le ministre de la Santé, Vili Beros, qu’une «commission a autorisé l’interruption de grossesse» de cette femme Mirela Cavajda. «Nous forcerons le système de santé à respecter les femmes», a déclaré aux manifestants Sanja Sarnavka, une activiste pour les droits des Femmes. Ceux-ci, réunis sur la place centrale de Zagreb, ont réagi en clamant «Assez, assez!».

Nombreux portaient des banderoles roses sur lesquelles il était écrit «Assez du cléricalisme dans les cliniques gynécologiques», «Assez du refus de fournir une procédure médicale», «Assez de mettre en péril la santé des femmes».

Droit à la santé violé

La manifestation a été organisée à Zagreb et dans huit autres villes de la Croatie pour montrer «la solidarité avec toutes les femmes (…) dont le droit à la santé, garanti par les lois en Croatie, est violé quotidiennement», ont souligné les organisateurs. Dans le pays membre de l’UE, des groupes conservateurs, soutenus par l’Église catholique, pressent le gouvernement de limiter le droit à l’avortement, autorisé jusqu’à la dixième semaine de grossesse.

Après cette période, un avortement peut être pratiqué si la santé de la femme ou du fœtus est en danger grave, ou en cas de viol ou d’inceste. Mais ce droit est de plus en plus à l’épreuve en Croatie car beaucoup de médecins refusent de pratiquer des avortements en invoquant l’objection de conscience, un droit qui leur a été accordé par une loi de 2003.

Conditions légales

Mirela Cavajda, mère d’un enfant, était au sixième mois de grossesse quand les médecins ont diagnostiqué en avril une tumeur au cerveau de son fœtus. Les médecins d’un hôpital de Zagreb ont dit à cette femme, âgée de 39 ans, que soit le fœtus allait mourir, soit l’enfant, s’il naissait, aurait de graves problèmes de santé, a-t-elle raconté aux médias. Ils lui ont suggéré d’aller en Slovénie demander de l’aide.

Quatre hôpitaux de Zagreb ont refusé sa demande d’interruption de grossesse. Mais après une IRM, une commission médicale a conclu que les conditions, légales et médicales étaient réunies pour procéder à un avortement.

En 2017, la Cour suprême a rejeté un recours de groupes conservateurs soutenus par l’église appelant à interdire l’avortement.

(AFP)

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