21.02.2013 à 15:37

EspaceDes millions d'astéroïdes menacent la Terre

L’Agence spatiale européenne travaille sur un projet permettant de protéger la Terre de chutes d'astéroïdes. Car les plus petits sont les plus menaçants pour la population.

Environ un million d’astéroïdes de 50 mètres ou plus sillonneraient notre système solaire

Environ un million d’astéroïdes de 50 mètres ou plus sillonneraient notre système solaire

Reuters

L’Europe doit se doter d’un réseau de surveillance capable de détecter les petits astéroïdes menaçant de percuter la Terre pour protéger sa population, a estimé jeudi l’Agence spatiale européenne (ESA), qui a commencé à travailler sur un tel projet.

"Pour l’instant, ce sont essentiellement les plus gros objets qui sont détectés. Quelque 99% des gros astéroïdes, de plus d’un kilomètre de diamètre, ont déjà été identifiés", rappelle Nicolas Bobrinsky, responsable du SSA, le programme de "veille spatiale" de l’ESA.

Mais pour lui, "le danger vient des petits astéroïdes, beaucoup plus nombreux". "En cas d’impact, ils peuvent causer de gros dégâts. Vous avez vu ce qu’a fait la météorite de 17 mètres de diamètre à Tcheliabinsk (Russie)", dont l’onde de choc a fait plus d’un millier de blessés dans l’Oural vendredi. "Si vous prenez un objet de 50 m, avec une masse multipliée par vingt ou trente, on arrive à des énergies énormes", indique M. Bobrinsky.

Million d'astéroïdes dans le système solaire

50 mètres, c’est à peu près la dimension de l’astéroïde 2012 DA14 qui est passé à proximité de la Terre la semaine dernière (27'000 km environ). Selon lui, environ un million d’astéroïdes de 50 mètres ou plus sillonneraient notre système solaire, et moins de 10'000 ont pour l’instant été catégorisés comme "géocroiseurs", c’est-à-dire comme pouvant croiser l’orbite de la Terre.

"Ça veut dire que la plupart des objets qui risquent un jour d’apparaître pour nous rentrer dedans n’ont pas été détectés, il y a un travail colossal à faire", insiste le responsable du SSA, programme lancé fin 2008 par les États membres de l’ESA.

Afin de mieux suivre ces géocroiseurs, connaître leur nature, leur trajectoire et les risques potentiels pour la Terre, l’ESA va inaugurer le 22 mai à Rome un centre de coordination, qui va être rapidement complété par divers observatoires déjà mis en réseau.

Surtout, le programme SSA va commencer le développement d’un prototype de télescope novateur, dit "œil de mouche" en raison de la géométrie de ses capteurs. Avec un miroir d’un mètre de diamètre et un champ de vision très large, de six à sept degrés, il permettra une "veille très régulière du ciel", selon Nicolas Bobrinsky.

A terme, l’ESA souhaite mettre en place d’un réseau automatisé de six de ces télescopes capable de surveiller l’ensemble du ciel nocturne pour débusquer des astéroïdes menaçants.

"L’objectif, c’est d’être sûr de pouvoir détecter des objets de plus de 50 mètres de l’ordre de trois mois en avance", souligne le responsable du SSA, ce qui selon lui "laisse le temps d’agir. Simplement évacuer une région menacée si nécessaire, ou pourquoi pas lancer une mission pour dévier la trajectoire de l’astéroïde".

Divers projets visant à dévier un astéroïde sont à l’étude au niveau européen, aux États-Unis et en Russie.

(AFP)

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