Santé: Des millions offerts pour la lutte contre la tuberculose
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SantéDes millions offerts pour la lutte contre la tuberculose

Un organisme propose de financer des traitements préventifs, en vue d’éradiquer cette maladie d'ici à 2035, comme le souhaite l'OMS.

Philippe Douste-Blazy, le président d'UNITAID, a lancé cette opération lundi à Genève.

Philippe Douste-Blazy, le président d'UNITAID, a lancé cette opération lundi à Genève.

AP, Keystone

UNITAID, une organisation internationale qui lutte contre la tuberculose, le VIH et le paludisme, a lancé lundi à Genève un appel à propositions pour faciliter le déploiement d'un traitement préventif de la tuberculose auprès de millions de personnes, qu'elle financera. Un tiers de la population mondiale est touché par une tuberculose latente.

«Nous voulons avoir de nouveaux produits» qui soient «abordables», a souligné devant la presse le président d'UNITAID Philippe Douste-Blazy. Et les Etats doivent les utiliser. «Si on ne répond pas à ces appels d'offre, on peut avoir des problèmes de santé publique importants», indique le candidat à la direction générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Il estime cet appel décisif pour éradiquer la tuberculose d'ici à 2035, objectif affiché par l'OMS. «C'est un grand pas», affirme le directeur de la lutte contre la tuberculose à l'OMS Mario Raviglione. Il peut permettre de prévenir des millions de cas.

UNITAID est prête à débloquer 40 à 80 millions de dollars (40,1 à 80,2 millions de francs), en fonction des propositions qui lui seront adressées d'ici à mi-septembre et de leur répartition entre régions.

Jusqu'à 70% dans des pays

La tuberculose latente, asymptomatique et non contagieuse, s'active dans 5 à 15% des cas. Les personnes atteintes du sida et les enfants de moins de 5 ans en contact avec un cas de tuberculose actif sont plus touchés.

Dans les pays développés, cette tuberculose «dormante» touche 5 à 10% de la population, selon Mario Raviglione. Mais elle atteint 40 à 70% de la population dans certains pays en développement. Notamment en Afrique du Sud, où se trouvent 60% des personnes traitées pour tuberculose latente.

Un chiffre qui montre que les Etats ne considèrent pas encore suffisamment les thérapies préventives, affirme Mario Raviglione. Il faut atteindre des régimes de traitements plus simples et plus courts. Actuellement, seuls des symptômes permettent de diagnostiquer une tuberculose, déplore un responsable du ministère sud-africain de la santé. «Il faut un diagnostic de tuberculose latente adapté.»

Sans symptômes, elle se détecte actuellement notamment par des tests de peau ou des indications immunitaires (IGRA). En 2015, la tuberculose a fait 1,5 million de victimes.

(ats)

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