Actualisé 30.06.2020 à 16:48

Des moloks dans des écopoints? Le canton dit non

Jura

L'installation de trois conteneurs semi-enterrés n'a pas été contestée, mais le permis de construire n'a pas été délivré.

par
lematin.ch
Pas si simple d'installer des conteneurs semi-enterrés appelés Molok.

Pas si simple d'installer des conteneurs semi-enterrés appelés Molok.

V.Dé

C'est une histoire jugée invraisemblable que rapporte «Le Quotidien Jurassien»: les permis de construire pour l'installation de trois conteneurs semi-enterrés (moloks) n'ont pas été délivrés par les instances cantonales. En cause: l'affectation des zones concernées à Ocourt, à Épiquerez et à La Malcôte.

Président du syndicat intercommunal du district de Porrentruy (SIDP), Stéphane Babey s'arrache les cheveux pour, dit-il, «des peanuts»: les moloks étaient prévus dans des écopoints existants. Or, selon la loi, les conteneurs sont réservés aux zones à bâtir et exclus des zones agricoles.

Aucune opposition

Selon Stéphane Babey, les emplacements des écopoints «arrangent bien tout le monde». Contrairement à Beurnevésin et Courchavon, aucune opposition n'a été formulée contre la pose des trois moloks refusés: «Ces conteneurs ne posent pas de problème du point de vue de l'environnement, des conduites d'eau ou des poteaux électriques», a relevé Stéphane Babey.

L'affectation du sol ne serait pas modifiée par les moloks, mais après six mois de pourparlers, la dérogation demandée n'a pas été accordée par le Service du développement territorial.

«Nos arguments s'appuyaient pourtant sur un arrêt d'un tribunal vaudois, lequel stipule qu'en bordure de chemin, on se trouve sur le domaine public et pas en zone agricole», précise Stéphane Babey.

«Serpent de mer»

Pour les communes, le refus cantonal empêche une économie dans le ramassage des déchets, effectué une fois par semaine. «Pour les citoyens, la possibilité d'évacuer leurs déchets quand bon leur semble est un plus», ajoute Stéphane Babey, maire de Alle.

Sur 180 moloks planifiés en Ajoie, 48 ont été installés. «C'est un serpent de mer», soupire Stéphane Babey, en dénonçant des «écueils administratifs». Seule issue pour améliorer la collecte des déchets dans les trois villages concernés: légaliser les zones dans le cadre du Plan d'aménagement local. Un processus qui peut prendre plusieurs années.

Vincent Donzé

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