Interview - Des Nations Unies à TikTok: le parcours insolite d’une femme de caractère
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GenèveDes Nations Unies à TikTok: le parcours insolite d’une femme de caractère

Après avoir œuvré 13 ans à l’ONU à Genève, Mamissa a choisi de se consacrer entièrement à sa nouvelle carrière d’influenceuse sur les réseaux sociaux.

par
Laura Juliano

Après avoir œuvré durant 13 ans aux Nations Unies, la Genevoise Mamissa Mboob, alias Thecolourmemam, a décidé de se consacrer entièrement à sa nouvelle carrière d’influenceuse.

Laura Juliano

Arborant un blazer rose pétant, des chaussures à talon vertes pomme, des lunettes extravagantes et un sourire contagieux, Mamissa Mboob nous a accueillis pour un café à la terrasse de son restaurant préféré à Genève, situé place du Molard. Des serveurs au patron, tout le monde semble la connaître. Il faut dire que cette femme d’affaires qui a travaillé 13 ans aux Nations Unies ne passe pas inaperçue.

Des vidéos devenues virales

Sa joie de vivre, elle en a fait sa marque de fabrique en la faisant rayonner au travers de sa garde-robe ultra-colorée qu’elle expose depuis un an sur Instagram, sous le nom de @Thecolourmemam. Un pari osé après avoir travaillé à l’organisation mondiale du commerce, le fond mondial de lutte contre le sida et la tuberculose et le bureau de la coordination des affaires humanitaires pour finalement être nommée responsable de l’organisation à l’UNICEF à Genève en 2019.

À sa grande surprise, le nombre de ses abonnés a vite explosé. Aujourd’hui, ils sont plus de 126 000 à suivre ses publications parfois teintées d’un humour décomplexé. Son caractère déjanté et hautement assumé a créé l’émulation sur TikTok à l’aube du semi-confinement.

«Lorsque mon dernier mandat à l’Unicef est arrivé à terme, j’ai décidé de me lancer et me consacrer entièrement à ma nouvelle carrière d’influenceuse, explique-t-elle. On verra comment ça se passe. Mais vous savez, la vie est courte, il faut oser tenter des choses!»

Pas qu’une histoire de couleurs

Au-delà de son attrait pour la mode, Mamissa souhaite véhiculer des valeurs et des messages percutants au travers de ses postes. «J’ai été un peu déçue de l’image superficielle que m’a donnée le Daily Mail, dans un article. Ce n’est pas qu’une histoire d’esthétisme ou de couleurs, c’est ce qu’elles symbolisent qui est important!»

Et de préciser: «lorsqu’on est une femme et que l’on occupe un poste à responsabilité, on doit travailler bien plus qu’un homme pour se faire respecter. On a tendance à agir comme un homme, être sérieuses, s’habiller de costume noir et tirer un trait sur notre féminité et notre individualité. En tant que femme de couleur, je peux vous dire que c’est encore plus dur. J’aimerais que chaque femme comprenne qu’elle peut rester elle-même et je les invite au contraire à célébrer leur féminité. Vous pouvez être intelligentes et belles à la fois: soyez audacieuses, soyez courageuses et profitez de la vie! Portez ce que vous voulez!»

Covid: du blues aux rires

C’est avec l’arrivée de la crise sanitaire que cette mère de famille a eu le déclic. «Je voyais tout le monde souffrir, se renfermer, porter les mêmes habits ternes tous les jours puisqu’ils étaient pour la plupart en télétravail. J’avais envie de montrer aux gens que l’on peut toujours tirer le meilleur de la situation et qu’on peut même en rire!»

Sa carrière d’influenceuse a alors démarré en grande pompe. Fin mai, le constructeur automobile Opel a proposé à la Genevoise une collaboration.

Mais son caractère affirmé et son style extravagant détonnent forcément dans le paysage romand. De quoi s’attirer des «haters». Qu’importe, Mamissa leur répond avec son humour bien à elle. Rien ne semble pouvoir ternir sa joie de vivre ou ses tenues.

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