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SantéDes nids à bactéries dans les chambres d'hôtel

A la veille des départs en vacances, une nouvelle étude fait froid dans le dos.

par
Sandra Imsand
Corbis

Alors que beaucoup s'apprêtent à profiter d'une pause bien méritée et ont réservé une chambre dans un joli hôtel pour leur villégiature, une étude présentée dimanche à la Conférence annuelle américaine de microbiologie devrait un peu calmer certaines ardeurs vacancières. L'Université de Houston a testé la prolifération des bactéries dans les chambres d'hôtel de plusieurs Etats des Etats-Unis. Et les résultats font froid dans le dos. Katie Kirsch, toute jeune diplômée qui a dirigé l'étude, a ainsi constaté que les chambres fourmillaient de germes. Les chercheurs ont effectué des mesures dans 19 endroits différents dans la pièce, en relevant les taux de bactéries aérobies et coliformes (fécales).

Les éponges, reines des germes

Sans beaucoup de surprise, les toilettes font partie des lieux les plus «à risque». Mais elles n'arrivent qu'en quatrième position, bien loin des interrupteurs et des télécommandes. «Cela n'a rien de bien surprenant, dans la mesure où il s'agit d'objets très manipulés», a expliqué la jeune femme de 22?ans lors de la Conférence de San Francisco. Mais la palme revient aux éponges utilisées par les femmes de ménage. «Les gants sont remplacés à chaque chambre, mais les éponges et serpillières sont les mêmes pour toutes les pièces, relève la biologiste. Il y a par conséquence un grave risque de dispersion des bactéries.»

1% de la masse salariale

L'étude n'a pas cherché à identifier les bactéries infectieuses, et n'a donc pas pu déterminer si la concentration de ces germes était néfaste pour la santé. Pourtant, il y a fort à parier que c'est le cas, au vu d'examens menés auprès de 250 sociétés françaises au cours du premier trimestre de l'année. Plus de 20% des salariés du pays auraient ainsi été contaminés par une maladie infectieuse sur leur lieu de travail ou par un collègue. Leur absence représente 1% de la masse salariale des entreprises.

Quant à Katie Kirsch, elle espère pouvoir pousser plus loin ses investigations. «Ces résultats nous démontrent qu'il est indispensable de mettre des standards en matière de nettoyage dans l'hôtellerie. Pour l'instant, chaque établissement ou groupe a ses propres règles, et il existe de fortes disparités.» La jeune femme espère qu'en pointant du doigt les lieux qui posent problème, un protocole pourrait être mis sur pied. «Lors d'une journée de travail, une femme de ménage nettoie en moyenne 14 à 16 chambres, ce qui correspond à 30?minutes par lieu. Etablir une «cartographie» de la chambre pour indiquer où se trouvent les bactéries permettrait de les éliminer plus efficacement.»

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