Etats-Unis: Des nounous anti-nuits blanches

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Etats-UnisDes nounous anti-nuits blanches

De plus en plus de jeunes parents font appel à des assistantes maternelles pour pouvoir dormir sur leurs deux oreilles après la naissance de leur bébé.

par
Pascale Bieri
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Les cris au milieu de la nuit, l'angoisse de ne pas savoir s'y prendre, et surtout celle d'être incapable d'assurer ses journées… De plus en plus de jeunes parents font appel à des nounous de nuit, aux Etats-Unis, pour les aider à tenir le coup après la naissance de leur enfant. Que ce soit pour une semaine ou plusieurs mois. «La nôtre est restée durant 15 jours, explique Malorie Kaye Goldgerg, une maman de 30 ans habitant le New Jersey. Elle m'a appris des techniques parentales, dont je me sers encore. C'est le meilleur investissement que j'aie jamais fait.»

Lyndsay Bell, directrice d'une agence de garde d'enfants, confirme le phénomène: «J'ai clairement vu une hausse des demandes», explique-t-elle dans le New York Post.

En Suisse, le recours à ces supernounous dont la mission est de permettre aux jeunes parents de passer une bonne nuit, mais aussi d'avoir quelques bons tuyaux pour prendre soin de leur nouveau-né, n'est pas encore entré dans les mœurs. Même si certains services spécialisés sont, de temps à autre, confrontés à la demande. Tout comme Marie Desmaret, nurse à domicile à Montreux: «Une jeune cheffe d'entreprise a fait appel à moi, à la naissance de son bébé. Elle devait continuer à assumer certaines tâches, et, du coup, devait absolument pouvoir dormir correctement. Durant deux mois, je me suis donc rendue chez elle, tous les jours de la semaine, de 23 h à 7 h du matin.»

Mais remettre son bambin aux bons soins d'une baby-sitter nocturne, est-ce recommandable? Absolument, selon Dora Knauer, pédopsychiatre à Genève. «Il est très important que tant l'enfant que ses parents puissent dormir, dit-elle. Par conséquent, une assistante à domicile peut être une aide précieuse pour empêcher qu'un problème dû au manque de sommeil ne s'installe et que la situation ne se détériore.»

D'autant que si les heures passées à dormir sont importantes pour récupérer, elles sont également indispensables au bon développement de l'enfant.

«Plus ce dernier est fatigué et moins il parviendra à s'endormir, poursuit la pédopsychiatre. Les conseils d'une personne qui a l'habitude peuvent donc briser un cercle vicieux, car plus les adultes sont angoissés à l'idée que leur enfant ne va pas s'endormir, plus ils seront nerveux, et du coup, moins l'enfant s'endormira. Par ailleurs, il faut savoir que 60% des bébés ont des troubles du sommeil après l'âge de 4 mois. Ce qui s'explique notamment par l'angoisse de la séparation.»

Un cadre différent

Le recours aux nounous de nuit répond également au fait que les grands-parents sont souvent éloignés du foyer familial ou pris par d'autres occupations. Ce qui ne serait pas forcément un désavantage, selon Dora Knauer. «L'assistance d'une personne extérieure permet d'éviter tout jugement. Il arrive souvent, en effet, qu'un enfant qui ne dort pas chez lui, passe une bonne nuit lorsqu'il est chez ses grands-parents, simplement parce que le cadre est différent. Et non pas parce que ses parents s'en occupent mal.»

Alors qui sait, d'ici peu des agences de supernannies du sommeil vont-elles peut-être ouvrir leurs portes en Suisse. Mais encore faudra-t-il avoir les moyens pour avoir recours à leurs services. Aux Etats-Unis, il faut en effet débourser 150 dollars (146 fr.) pour une nuit de huit heures.

En plus de veiller sur l'enfant, les nounous de nuit dispensent de bons tuyaux.

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