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GenèveDes nuages sur la caisse de prévoyance de l'Etat

Le comité de la CPEG devra prendre une série de mesures pour rééquilibrer ses finances.

La CPEG fonctionne selon le système de la primauté des prestations et non pas des cotisations.

La CPEG fonctionne selon le système de la primauté des prestations et non pas des cotisations.

Archives, Keystone

La caisse de prévoyance de l'Etat de Genève (CPEG) se trouve en situation de déséquilibre financier à long terme. Des mesures structurelles devront être prises pour y remédier. Les prestations futures des assurés actifs sont visées.

La diminution du taux technique de référence de 0,5 point annoncé par la Chambre suisse des experts en caisses de pension a été un coup de massue. Cette baisse a pour conséquence d'augmenter de 1,45 milliard de francs les engagements de la CPEG, a déclaré mardi à la Tribune de Genève le président de l'institution Pierre Béguet.

Dans ce contexte, le comité de la CPEG n'a pas d'autres choix que de s'adapter. Un certain nombre de mesures structurelles devront être prises. La marge de manœuvre des responsables de la caisse est étroite. Le comité ne pourra agir qu'en diminuant les prestations futures des assurés actifs en fonction du financement disponible.

Marge de manœuvre limitée

Le comité n'a en effet aucune compétence sur une possible augmentation du financement. Cette question nécessite une modification législative par le Grand Conseil, rappelle la CPEG dans un communiqué diffusé mardi sur son site Internet. Le système de primauté relève également du Parlement cantonal.

La CPEG fonctionne selon le système de la primauté des prestations et non pas des cotisations. L'Etat employeur prend en charge le paiement des deux tiers des cotisations et le tiers restant est financé par l'employé. Selon la loi fédérale, les caisses publiques devront être financées à 80% en capitalisation d'ici à 2052.

«Lors de sa création, notre caisse était peu capitalisée et quasiment sans réserves», a noté Pierre Béguet. L'ampleur de la baisse du taux technique a en revanche été un événement inattendu. «Qui aurait pu prévoir, il y a quatre ans, les taux négatifs et un tel abaissement du taux technique ?»

Autorités averties

Le Conseil d'Etat a été informé et dispose du dernier rapport d'expertise actuarielle rédigé par le spécialiste agréé de la CPEG. «Nous avons indiqué à plusieurs reprises aux autorités la gravité de la situation et sommes tout à fait au clair de l'impact des mesures à prendre», a précisé Pierre Béguet.

Pour assainir la caisse de prévoyance des fonctionnaires, les Genevois ont déjà accepté de débourser 6,3 milliards de francs sur 40 ans. Ce chiffre comprend une recapitalisation de 800 millions de francs intervenue en 2013, lors de la naissance de la CPEG, et un versement annuel de 130 millions de francs par le canton.

(ats)

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