Covid-19 – Des parents exigent la vaccination des enseignants du primaire

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Covid-19Des parents exigent la vaccination des enseignants du primaire

S’appuyant sur une hausse des infections chez les moins de 12 ans, des voix s’élèvent pour imposer le certificat Covid à leurs enseignants.

Les infections chez les enfants de moins de 12 ans sont actuellement en hausse, selon la presse dominicale. 

Les infections chez les enfants de moins de 12 ans sont actuellement en hausse, selon la presse dominicale.

20min/Marco Zangger

La pression vaccinale sur le personnel enseignant augmente. «Tous les enseignants qui enseignent à des enfants de moins de 12 ans devraient être vaccinés», déclare ainsi à la «SonntagsZeitung» Riu Biagini. Politologue et informaticien, il est le cofondateur de l'organisation alémanique de parents Protect the Kids. «Nous exigeons un certificat 3-G obligatoire pour les enseignants de ces niveaux scolaires - pour protéger nos enfants.» Car, de son avis, le personnel enseignant non vacciné serait plus facilement infecté par le coronavirus et mettrait ainsi en danger les enfants qui ne peuvent pas encore être vaccinés.

Dagmar Rösler, présidente de l'association faîtière des enseignants suisses (LCH), dit comprendre l’inquiétude des parents, vu le contact étroit des enseignants avec les enfants et les jeunes. Même si, à titre personnel, elle recommande aux enseignants de se faire vacciner, elle rappelle qu’ils ont toujours la liberté individuelle de ne pas le faire.

Pression sur les enseignants

La Conférence suisse des directrices et directeurs cantonaux de la santé (CDS) augmente pour sa part la pression sur les enseignants. Tobias Bär du CDS estime ainsi qu'il est important de garantir une couverture vaccinale aussi élevée que possible également au niveau scolaire, les enfants de moins de 12 ans n’ayant pas encore accès à la vaccination. Selon lui, les enseignants non vaccinés devraient au moins se faire tester régulièrement pour protéger les enfants et les jeunes. Et il réfute l'idée que les enseignants ne sont pas tenus de divulguer leur statut vaccinal, notant que «l'employeur est autorisé à poser des questions à ce sujet si ces informations sont pertinentes pour la protection des employés et des personnes dont ils ont la charge».

La protection des enfants divise

Chez les enfants de moins de douze ans, pas vaccinés pour l’heure, les infections par le Covid-19 sont à nouveau en hausse, rapporte la «NZZ am Sonntag». Mais une vaccination des 5 à 11 ans ne sera probablement pas approuvée et recommandée en Suisse avant début 2022, voire plus tard pour les plus jeunes. Et les experts divergent sur la façon de protéger les enfants en attendant. L’OFSP recommande ainsi des tests répétitifs dans les écoles. Et la Task force considère acceptable que les enseignants et les élèves plus âgés portent des masques. Des recommandations qui vont trop loin pour la Société suisse de pédiatrie, qui demandait en septembre dernier de réduire au minimum les mesures dans les écoles, dont notamment le port du masque obligatoire au niveau primaire, car elles sont contraignantes et médicalement non justifiées.

Avis contraire d’un groupe de virologues et d'épidémiologistes suisses qui a récemment souligné dans une publication que certaines mesures étaient indispensables dans les écoles, dont des tests réguliers pour détecter les cas à un stade précoce et interrompre les chaînes de transmission. Ils sont aussi favorables au port du masque de jeunes enfants dès 2 ans, qui aurait eu des effets positifs dans les États américains où il était obligatoire, avec moins d’infections que dans ceux qui n’imposaient pas cette obligation.

Attendre des données fiables avant de vacciner les 5 à 11 ans

Avant la vaccination des jeunes enfants, le vaccin doit «s'avérer être efficace et sûr chez un grand nombre d'enfants vaccinés », explique à la «NZZ am Sonntag» Christoph Aebi, infectiologue pédiatrique de l’Hôpital de l’Ile de Berne. A ce jour, le vaccin de Pfizer/Biontech, déjà autorisé aux États-Unis pour les enfants de cinq à onze ans, a été testé lors d'essais cliniques sur un peu plus de 3000 enfants et aurait montré une très bonne efficacité de 91%, et des effets secondaires légers. Mais comme le relève le spécialiste, les éventuels effets secondaires rares ne peuvent être détectés que lorsque de nombreuses personnes ont été vaccinées.

Aux États-Unis, où plus d'un million d'enfants de cette tranche d'âge ont déjà reçu le vaccin, des données plus fiables sur la sécurité seront disponibles après la deuxième vaccination des jeunes enfants en décembre prochain. Christoph Aebi dit ne pas avoir de crainte majeure, sachant que seul un tiers de la dose injectée aux adultes est administré aux enfants de cinq à onze ans.

(ewe)

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