17.01.2012 à 17:47

Costa ConcordiaDes passagers portent plainte et réclament des milliers d'euros

Le combat judiciaire des passagers du navire de croisière Costa Concordia pour être indemnisés a commencé mardi, avec le dépôt des premières plaintes.

Le Costa Concordia a fait naufrage vendredi soir près des côtes toscanes.

Le Costa Concordia a fait naufrage vendredi soir près des côtes toscanes.

Keystone

En Italie, l'association de consommateurs Codacons a annoncé le dépôt d'une plainte collective contre la compagnie italienne Costa Croisières, propriétaire du navire qui a fait naufrage vendredi soir près de l'île du Giglio, à laquelle ont déjà adhéré plus de 70 passagers.

«Notre objectif est de faire obtenir à chaque passager une indemnisation d'au moins 10'000 euros pour les dommages matériels et moraux», a indiqué le président de cette association, Carlo Rienzi.

Cette plainte, déposée à Gênes (ouest), doit toutefois encore être déclarée admissible par un juge d'ici «quelques mois», a précisé le co-président de Codacons, l'avocat Marco Ramadori, qui s'est toutefois dit «assez confiant» car les «dommages sont évidents».

En France, un avocat de rescapés du naufrage a également annoncé le dépôt d'une plainte contre Costa Croisières pour non assistance à personne en danger et mise en danger de la vie d'autrui.

Ses clients qui résident dans le sud-est du pays ont lancé un collectif de victimes qui devrait réunir une centaine de noms.

Un autre Français, Olivier Carrasco, avait également indiqué dimanche vouloir porter plainte contre la compagnie jugée «défaillante».

Le bilan provisoire du naufrage du Concordia, qui transportait 4229 personnes - quelque 3200 touristes et un millier de membres d'équipage - s'établit à au moins onze morts.

Le combat des rescapés ne sera toutefois «pas simple», indiqué Stefano Zunarelli, professeur de droit de la navigation à l'université de Bologne.

Car «pour des raisons historiques, l'équilibre des règles en matière de droit maritime tend d'une certaine façon à protéger l'armateur en raison des risques de son activité», explique-t-il.

La responsabilité des sociétés de transport maritime est réglementée par un règlement européen de 2009.

Compensations prévues

En cas de décès ou de lésions corporelles, le versement par la compagnie d'au moins 21'000 euros à titre d'avances est prévu mais il ne constitue pas pour autant une reconnaissance de responsabilité.

Si sa responsabilité est prouvée, l'indemnisation totale est limitée à environ 480'000 euros. Pour la perte d'un bagage de cabine, l'indemnisation est limitée à environ 2700 euros, mais le «problème c'est la preuve», souligne Stefano Zunarelli, car les passagers devront fournir des justificatifs pour les biens perdus.

Mais selon un observateur du secteur maritime, «l'habitude dans le secteur est d'arriver à un accord à l'amiable» avec les rescapés et les familles des victimes afin d'éviter la case justice, dommageable en terme d'image.

Enquête ouverte

Lundi, le patron de Costa Croisières, Pier Luigi Foschi, qui a chiffré à 93 millions de dollars l'impact économique immédiat du naufrage, avait assuré que le groupe serait «en mesure de trouver une solution qui, sur le plan matériel, puisse contenter» les passagers.

Le président de la filiale française de Costa, George Azouze, a assuré de son côté mardi que les passagers français seraient dédommagés avec «autre chose» que le simple remboursement des billets, mais sans donner plus de précisions.

L'association Codadons ne cache d'ailleurs pas qu'elle préférerait arriver à un tel accord qui est «toujours une chose préférable», surtout en Italie où la justice «ne fonctionne pas», selon Marco Ramadori.

La compagnie italienne compte aussi faire une fleur aux personnes qui, en Suisse, avaient déjà fait une réservation pour naviguer sur le Concordia entre janvier et février.

Outre le remboursement de leur réservation, ces personnes «peuvent faire une autre croisière gratuitement sur un bateau Costa entre janvier et mars», précise Prisca Huguenin-dit-Lenoir.

Sur le plan pénal, une enquête a été ouverte par le parquet de Grosseto et les charges qui pèsent sur le capitaine du navire semblent écrasantes. Costa a tenu à se «dissocier» de lui en indiquant que la trajectoire qu'il avait prise était «une initiative de sa volonté, contraire aux règles écrites, certifiées» par la compagnie.

(afp/ats)

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