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BrésilDes «paysans sans terre» s'installent chez des personnalités

Pour protester contre la corruption et une réforme agraire qui les pénalisent, des «paysans sans terre» occupent des propriétés de personnalités.

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Michel Temer, qui a dirigé le Brésil deux ans et demi jusqu'à la fin de l'année dernière, a été arrêté ce jeudi 21 mars pour diverses affaires de corruption.

Michel Temer, qui a dirigé le Brésil deux ans et demi jusqu'à la fin de l'année dernière, a été arrêté ce jeudi 21 mars pour diverses affaires de corruption.

Troisième enquête judiciaire contre le chef de l'Etat brésilien Michel Temer. (20 décembre 2018)

Troisième enquête judiciaire contre le chef de l'Etat brésilien Michel Temer. (20 décembre 2018)

AFP
La police fédérale brésilienne a demandé mardi au parquet général d'inculper le président Michel Temer et dix autres personnes, dont sa fille, pour corruption, blanchiment d'argent et association de malfaiteurs. (Mercredi 17 octobre 2018)

La police fédérale brésilienne a demandé mardi au parquet général d'inculper le président Michel Temer et dix autres personnes, dont sa fille, pour corruption, blanchiment d'argent et association de malfaiteurs. (Mercredi 17 octobre 2018)

AFP

Quelque 15'000 membres du mouvement des paysans sans-terre (MST) ont commencé mardi au Brésil à occuper des propriétés appartenant aux familles du ministre de l'agriculture et d'un sénateur. Ils dénoncent le recul de la réforme agraire et la corruption.

Le mouvement de gauche (movimento dos trabalhadores rurais sem terra, MST) a également indiqué que ses militants occupaient une propriété à Rio de Janeiro qui, selon la police militaire, appartient à l'ex-président de la confédération brésilienne de football, Ricardo Teixeira. A la tête de cette puissante confédération jusqu'en 2012, il a été impliqué dans le scandale de corruption de la FIFA.

Le MST a fait de même à São Paulo, où il a commencé à occuper la ferme d'un cabinet d'architecture qui compte parmi ses associés João Batista Lima, ancien conseiller et ami du président brésilien Michel Temer.

Poursuite du mouvement annoncée

Le mouvement a indiqué que ses partisans étaient en train d'installer des baraquements sur les propriétés occupées et que de nouvelles occupations étaient prévues dans les heures qui viennent.

«Nous allons poursuivre cette occupation jusqu'à nouvel ordre (...). Nous dénonçons le recul de la réforme agraire et la corruption et le blanchiment d'argent avec des terres», a déclaré une porte-parole du MST, regrettant que ces mêmes terres ne soient pas allouées aux paysans.

Le mouvement prône une réforme qui redistribue les terres pour favoriser l'agriculture familiale au détriment de l'«agro-business».

Le MST compte organiser des actions dans huit Etats, avec des marches, jusqu'au 2 août, date à laquelle la chambre des députés doit décider si elle donne le feu vert à un procès du président Temer, pour corruption, devant la cour suprême.

Les défenseurs du mouvement paysan et de l'environnement accusent Michel Temer de favoriser les intérêts de l'«agro-business», groupe de pression très puissant au Brésil, et de mettre en péril la subsistance du monde rural, des populations indigènes et l'environnement.

(ats)

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