Prévention: Des pédophiles lui ont donné une idée pour les combattre!

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PréventionDes pédophiles lui ont donné une idée pour les combattre!

Daniel Pittet vient d'inventer une carte pour décourager les pédophiles de sévir. Le Fribourgeois rêve d'en distribuer à tous les enfants du pays. Le canton du Valais est déjà très intéressé par son projet.

par
Laurent Grabet
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«Mes six gamins utilisent ma carte pour me dire NON quand ils ne veulent pas faire la vaisselle», raconte amusé Daniel Pittet.

«Mes six gamins utilisent ma carte pour me dire NON quand ils ne veulent pas faire la vaisselle», raconte amusé Daniel Pittet.

Laurent Grabet
Le Fribourgeois Daniel Pittet a rencontré les trois derniers Papes. Il entretient un rapport privilégié avec le Pape François qui l'a beaucoup aidé à faire connaitre ses deux derniers livres.

Le Fribourgeois Daniel Pittet a rencontré les trois derniers Papes. Il entretient un rapport privilégié avec le Pape François qui l'a beaucoup aidé à faire connaitre ses deux derniers livres.

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Le Fribourgeois Daniel Pittet a rencontré les trois derniers Papes. Il entretient un rapport privilégié avec le Pape François qui l'a beaucoup aidé à faire connaitre ses deux derniers livres.

Le Fribourgeois Daniel Pittet a rencontré les trois derniers Papes. Il entretient un rapport privilégié avec le Pape François qui l'a beaucoup aidé à faire connaitre ses deux derniers livres.

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Une simple carte plastifiée format carte de crédit brandie par un enfant face à son agresseur pédophile peut-elle suffire à empêcher un abus sexuel? Daniel Pittet en est convaincu au point d'en avoir déjà fait imprimer 20'000 exemplaires grâce à un généreux donateur et le Fribourgeois de 59 ans n'est plus le seul.

Ironie de l'histoire: c'est d'ailleurs la vingtaine de pédophiles qui l'avaient contacté suite à la parution en 2017 de «Mon Père, je vous pardonne», son livre-choc traduit en onze langues et préfacé par le Pape François, qui ont en quelque sorte soufflé cette idée à ce fervent catholique.

Pour mémoire, dans son enfance, cet «homme debout», comme il aime à se définir, qui a fait de la lutte contre la pédophilie son combat, avait lui-même été violé par le Père Joël. Ce prêtre capucin multirécidiviste de 78 ans, finalement réduit à l'état laïc, termine actuellement sa vie derrière les murs d'un monastère alémanique.

L'interview exclusive que nous avions faite de Daniel Pittet en février 2017

Un rappel concret à la réalité des abus

«Tous les pédophiles qui se sont confié à moi m'ont affirmé qu'ils se seraient arrêtés si leurs victimes avaient pu verbaliser un non. Car il faut bien comprendre que dans ces circonstances, l'enfant est bien souvent démuni et tétanisé face à son agresseur. Ce dernier est en effet en général insoupçonnable, respecté des autres adultes et il est même courant qu'il évolue dans une réalité parallèle dans laquelle il se raconte que sa petite victime est consentante !»

Dans sa version actuelle, la carte imaginée par Daniel Pittet et mise en forme gracieusement par une amie graphiste, indique sur son recto «NON» dans les trois langues nationales et au verso les numéros de téléphones de la police et de Pro Juventute. Le Fribourgeois est convaincu que ce simple objet peut faire office d'électrochoc sur nombre d'agresseurs potentiels. Il y voit une manière concrète de leur rappeler très clairement que leurs pulsions transgressent les barrières morales humaines et qu'y succomber les mènera tôt ou tard en prison.

Déjà trois abuseurs dénoncés

Et apparemment ça marche ! «Trois maitresses d'école de trois cantons différents (Fribourg, Vaud et Valais) m'ont sollicité pour parler de mon expérience dans leur classe. J'en ai profité pour distribuer mes cartes à leurs élèves et trois d'entre eux ont contacté le 117 dans la foulée pour dénoncer des abus dont ils avaient été victimes par le passé», se réjouit l'hyperactif fribourgeois.

Ces appels lui ont permis de réaliser qu'il ne pouvait intervenir dans les classes si spontanément mais qu'il devait avant cela faire des demandes d'agrément aux départements de l'instruction publique, chose que lui a confirmé son ami, le Conseiller fédéral Alain Berset.

Ces demandes sont en cours via l'association à but non lucratif «Non c'est non», spécialement mise sur pied pour l'occasion. Des contacts avancés ont déjà eu lieu avec Jean-Philippe Lonfat, chef du service de l'enseignement du Valais. Ce dernier voit la carte d'un très bon œil et il a bon espoir de pouvoir en faire imprimer, l'adapter au contexte valaisan et la distribuer à la rentrée prochaine auprès d'élèves.

«Cette démarche veut s'inscrire dans un projet bien plus large de renforcement de la prévention du harcèlement et de la violence faites aux enfants», précise le fonctionnaire. Son idée serait que la carte serve de prétexte à ouvrir le dialogue et faire de la prévention efficace par le biais des professionnels qui interviennent en classe sur le sujet de l'éducation sexuelle.

Le Valais est partant

Daniel Pittet rêve tout haut de distribuer ses cartes à tous les enfants de 8 à 16 ans de Suisse et ainsi d'éviter bien des drames. L'objectif est ambitieux! Mais vu que le Fribourgeois a déjà un disque d'or et plusieurs best-sellers à but caritatif à son actif, il est bien probable qu'il y parvienne ! D'autant qu'il bénéficierait d'aides surnaturelles...

«J'ai Sainte Thérèse de Lisieux avec moi, confie-t-il très sérieusement. Elle a toujours été mon joker la plus costaude dans les situations difficiles!»

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