Actualisé 10.10.2018 à 07:17

Des petites frappes bastonnent trois jeunes dans le M1

agression

Au petit matin, durant un week-end de septembre, des individus ont frappé au hasard des passagers dans le métro lausannois. Les victimes, plus particulièrement une jeune fille de 19 ans, ont vécu l'enfer.

par
Evelyne Emeri
Les victimes ont d'abord été frappées dans le M1. Elles ont tenté d'échapper à leurs agresseurs en sortant du métro à l'arrêt Bourdonnette. En vain.

Les victimes ont d'abord été frappées dans le M1. Elles ont tenté d'échapper à leurs agresseurs en sortant du métro à l'arrêt Bourdonnette. En vain.

Transports lausannois

«Venez on va les taper il y a deux pélots et une pute.» C'est en ces termes que le meneur de cette expédition punitive incite ses trois potes à s'en prendre à trois passagers du M1. Il vient de repérer ses futures proies en leur demandant ce qu'elles avaient fait de leur soirée. Il est environ 06h00 du matin ce samedi 10 septembre 2016. Et les coups vont fuser durant vingt minutes. Une baston pour se défouler contre trois jeunes qui rentraient du MAD. Cette castagne, qui devait être jugée dans un premier temps par un Tribunal de police, l'est finalement en correctionnelle en vue de pouvoir sanctionner plus lourdement les prévenus. Âgés entre 20 et 23 ans, ces quatre individus, domiciliés à Lausanne, comparaissent depuis ce matin devant les juges du Palais de Justice de Montbenon.

«Sale pute»

L'acte d'accusation du Ministère public est éloquent sur l'absence de mobile de cette ratonnade. Les deux frère et sœur et leur copain se sont fait molester physiquement sans aucune raison. Après une première série de coups de poing au visage et comprenant l'intention de leurs agresseurs d'en découdre, les trois cibles ont tenté de fuir et sont parvenues à sortir du métro à l'arrêt Bourdonnette, qui dessert le quartier éponyme du sud-ouest de la capitale. Les cogneurs n'en resteront pas là et les suivent à l'extérieur de la rame. La jeune femme de 19 ans reçoit, à nouveau, de nombreux coups de poing et de pied au visage et sur le corps. Bien qu'elle ait tenté de se défendre, elle s'est rapidement retrouvée au sol où elle a encore été frappée à plusieurs reprises. Puis traitée de «sale pute».

Son frère, 18 ans, s'est, lui aussi, fait brutaliser au niveau d'une hanche et d'une jambe. Du même âge, la troisième victime, retenue de force par les bras, se verra asséner plusieurs coups notamment au tympan. En se débattant, le malheureux a donné un coup à l'un des assaillants et a été projeté sur les rails du M1. Les trois blessés sont finalement parvenus à s'échapper en traversant les voies du métro, alors que leurs quatre assaillants jetaient encore des cailloux dans leur direction. Tous ont porté plainte. Les deux jeunes hommes vivent en France, la jeune femme à Lausanne.

Libres depuis deux ans

Cette attaque gratuite a été d'une rare violence, parole de policier. C'est la jeune fille qui a été la plus sauvagement agressée: fracture à la mâchoire, ecchymose péri-orbitaire et épanchements hémorragiques des conjonctives, ecchymoses sur les avant-bras, la main droite, les membres inférieurs et sur le dos, dermabrasions croûteuses au coude droit, aux genoux, à la jambe gauche et aux pieds; son frère a souffert de douleurs à la mâchoire et à sa jambe droite; enfin, leur ami a dû faire face à des céphalées post-traumatiques.

De toutes les infractions retenues par le Parquet vaudois, la plus grave est, à l'évidence, l'agression. Les accusés ont tous passé trois semaines en détention provisoire après les faits dénoncés, avant d'être relaxés. Ce matin, ils ont comparu libres. Les quatre petites frappes sont également renvoyées devant la Cour correctionnelle pour vol (ndlr. un seul prévenu), injure (ndlr. tous), violation de domicile (ndlr. deux), dommages à la propriété (ndlr. deux) et délit contre la loi fédérale sur les armes (ndlr. un). Deux d'entre eux disent travailler, respectivement comme mécanicien et artiste. Un autre est gymnasien, le quatrième serait sans emploi.

Réquisitoire et plaidoiries cet après-midi. Le verdict est attendu mercredi en fin de journée.

evelyne.emeri@lematin.ch

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