Kenya: Des policiers jugés pour des violences liées au respect du couvre-feu
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KenyaDes policiers jugés pour des violences liées au respect du couvre-feu

Souvent accusée par les défenseurs des droits humains pour sa violence, la police kenyane verra une vingtaine de ses membres jugés suite à des faits s’étant déroulés durant le strict couvre-feu imposé en mars.

Parmi les chefs d’accusation figurent coups et blessures, dégâts volontaires à une propriété et tentative de blessures par substance explosive.

Parmi les chefs d’accusation figurent coups et blessures, dégâts volontaires à une propriété et tentative de blessures par substance explosive.

AFP

Une vingtaine de membres des forces de l’ordre kényanes, chargés de faire respecter le couvre-feu lié au Covid-19, ont été inculpés pour avoir lancé du gaz lacrymogène dans un domicile et battu ses habitants, a annoncé jeudi l’autorité de supervision de la police.

Les 15 policiers et six agents des forces de l’ordre du comté seront jugés le 1er février à Bungoma, dans la région de Busia (Ouest du Kenya) où se sont déroulés les faits, aux premiers jours d’un strict couvre-feu imposé en mars pour endiguer l’épidémie naissante de nouveau coronavirus.

«La police est accusée d’avoir lancé du gaz lacrymogène dans un domicile privé et sérieusement battu le propriétaire, M. Bernard Orenga, son épouse, ses enfants, puis ses voisins», indique l’Autorité indépendante de Supervision de la police (IPOA) dans un communiqué.

Plusieurs chefs d’accusation

Parmi les chefs d’accusation figurent coups et blessures, dégâts volontaires à une propriété et tentative de blessures par substance explosive.

En juin, un tribunal kényan avait déjà inculpé un policier du meurtre d’un garçon de 13 ans, atteint mortellement par une balle sur son balcon d’un bidonville de Nairobi, dont la police vidait les rues par la force.

Ce même mois, l’IPOA avait fait état de 15 décès et «31 incidents durant lesquels des victimes ont été blessées» étant «directement liés aux actions de policiers pour faire respecter le couvre-feu».

La violence utilisée pour faire respecter le couvre-feu a déclenché des manifestations contre la violence policière au Kenya.

Accusée de force excessive

En avril, Human Rights Watch (HRW) a accusé des policiers de meurtre et d’avoir usé du fouet et de gaz lacrymogène pour forcer les Kényans à rentrer chez eux aux premiers jours du couvre-feu.

La police kényane est régulièrement accusée par les défenseurs des droits humains d’utiliser une force excessive, mais aussi de se livrer à des exécutions extrajudiciaires, particulièrement dans les quartiers pauvres.

Le Kenya a pris de rapides et fermes mesures dès que les premiers cas de Covid-19 ont été détectés dans le pays en mars: fermeture des frontières, couvre-feu nocturne, fermeture des bars et restaurants ainsi que des écoles à travers tout le pays.

Le pays reste soumis à un couvre-feu depuis, mais les bars et restaurants ont rouvert avec des horaires stricts de fermeture, tandis que les cours ont totalement repris en janvier, après un redémarrage partiel en octobre.

(AFP)

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