20.08.2017 à 07:03

TravailDes postdoctorants accusent l'Uni de Lausanne de dumping salarial

Selon une enquête menée par l’Association du corps intermédiaire et des doctorants, 45% des collaborateurs interrogés auraient déjà reçu l’ordre de travailler plus qu’au taux indiqué dans leur contrat.

par
Camille Krafft
L’enquête porte sur la section des sciences fondamentales de la Faculté de biologie et de médecine de l’UNIL, mais la problématique serait similaire dans d’autres universités suisses.

L’enquête porte sur la section des sciences fondamentales de la Faculté de biologie et de médecine de l’UNIL, mais la problématique serait similaire dans d’autres universités suisses.

Laurent Crottet/LMD

3 725 000 francs par année. C’est la masse salariale que l’Université de Lausanne (UNIL) économiserait sur le dos des doctorants et postdoctorants affiliés à la section des sciences fondamentales de sa Faculté de biologie et de médecine. Le chiffre émane d’une enquête publiée en juin par ACIDUL, l’Association du corps intermédiaire et des doctorants de l’Université de Lausanne.

Cette dernière accuse l’UNIL de pratiquer une forme de dumping salarial en offrant des contrats à temps partiel pour des postes dont l’activité dépasse l’équivalent d’un plein-temps. Il y aurait donc une «intention d’économiser sur les salaires des scientifiques engagés, au sein de certaines équipes en tout cas, et de façon systématique au sein de certains départements», conclut le rapport, pour lequel 256 personnes ont été interrogées. L’enquête révèle également que si les employés débordent de leur temps partiel, ce n’est de loin pas toujours de leur plein gré: 45% des personnes interrogées déclarent ainsi avoir déjà reçu l’ordre de travailler davantage qu’au taux indiqué dans leur contrat.

Négociations en cours

Afin de remédier à cette situation, ACIDUL demande que les collaborateurs soient engagés à plein temps. Cette requête a été formulée en début d’année par le biais d’une pétition, forte de quelque 220 signatures de salariés concernés. Des négociations sont en cours avec la direction de l’UNIL suite à cette pétition et aux conclusions de l’enquête (lire interview ci-dessous). «Si on veut faire carrière dans les sciences, on est obligés de travailler à plein temps en débordant sur nos soirées et nos week-ends, ce que nous ne remettons pas en question, relève un premier assistant. Mais avec le système actuel, certains d’entre nous n’ont pas d’autre choix que d’accepter d’être payé à temps partiel pour un travail à plus de 100%.»

Pour en savoir plus, consultez le site du Matin Dimanche, www.lematindimanche.ch, sur votre ordinateur personnel, votre tablette ou votre smartphone. L’application Le Matin Dimanche est toujours disponible sur iPad.

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