Agriculture: Des potagers pour mieux vivre

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AgricultureDes potagers pour mieux vivre

Les terres du nord du Burkina Faso verdissent grâce à un projet de maraîchage coopératif soutenu par des Suisses.

par
Sandra Imsand
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Démonstration dans une des salles de classe

Démonstration dans une des salles de classe

Marie Clapasson/Le Matin
Démonstration dans une des salles de classe

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Marie Clapasson/Le Matin
Démonstration dans une des salles de classe

Démonstration dans une des salles de classe

Marie Clapasson/Le Matin

Le voyage en «Zèbre» continue! Cette fois, c'est direction le village de Kourbo Mogho, à une dizaine de kilomètres de la ville de Ouahigouya. Les habitants réservent un accueil chaleureux au véhicule ainsi qu'à ses occupants. Enfin, ils peuvent admirer ce fameux «Zèbre» dont la région n'arrête pas de parler!

Mais cette venue est également l'occasion de montrer aux visiteurs la fierté du village: des carrés potagers. Chaque femme a reçu une bande de terre d'environ un mètre sur dix pour y planter des légumes. Dans cette terre fertile du nord du Burkina Faso, tout pousse. En particulier les oignons, les tomates, les pommes de terre et les choux, dont sont friands les pays côtiers comme la Côte d'Ivoire, le Bénin, le Togo ou le Ghana. En plus d'offrir un moyen aux familles paysannes de subvenir à leurs besoins et de lutter ainsi contre la malnutrition (fléau dans la région), ces exploitations permettent également de tirer un revenu substantiel grâce à l'exportation du surplus.

Diguettes en pierre

Une opération qui n'a donc que des avantages. Derrière ce projet de maraîchage, on retrouve Abdoulaye Bagaya, dit Doudou, président de l'association Burkina Vert. Créé en 2004, ce groupement de familles paysannes accueille aujourd'hui 3700 membres et cultive une surface potagère de 112 hectares dans la région. «Nous avons commencé avec un petit groupe de femmes. Aujourd'hui ces premiers membres servent d'intermédiaires pour les nouvelles adhésions.»

Prix de la cotisation: 1000 francs CFA, soit l'équivalent de 1 fr. 70. En échange, les femmes peuvent discuter de la mise en place d'un projet. Certains villages souffrent de graves problèmes d'érosion lors de la saison des pluies. «Il peut tomber 60 mm d'eau en 30 minutes et toute la terre du sol est emportée», explique Doudou. L'association aide alors à l'installation de diguettes en pierre, qui retiennent la terre et freinent l'eau. Mais le projet le plus populaire reste sans conteste celui des carrés potagers.

Grâce à des collaborations avec des partenaires étrangers, Doudou arrive à faire multiplier les cultures potagères et à faire verdir la terre rouge burkinabé. Car ces projets ont un coût important. Qui dit légumes dit forcément eau. Les puits étant souvent très éloignés, il est indispensable de creuser. Et, justement, cette visite avec le «Zèbre» est encore plus spéciale car c'est l'association suisse Tombouctou 53 jours qui a offert ce puits et les maraîchages. Son président (Pierre Friderici) et deux membres du comité (Jean-Marc Richard et le chanteur vaudois Michel Bühler) sont justement du voyage. «Nous vous remercions énormément pour cette opportunité», explique la représentante des paysannes. Chaque carré produit actuellement 22 kilos d'oignons. Doudou se charge ensuite de revendre une partie de la production. Un succès qui rend jaloux les hommes du village: eux aussi aimeraient se mettre au jardinage!

Nombreux rêves

Doudou a encore de nombreux rêves pour les paysannes de la région. Le plus fou? Ouvrir une école d'agriculture. «Cela nous permettrait d'apprendre et d'expérimenter certaines techniques de culture», explique-t-il. Pendant ce temps, le «Zèbre» est garé en retrait. Des enfants s'accrochent au pare-brise, aux rétroviseurs. D'autres, plus courageux, s'aventurent à l'intérieur. Ils ont entendu dire qu'il y avait des toilettes et une douche à l'intérieur. Du jamais-vu, parole d'habitant de Kourbo Mogho!

Drôle d'endroit pour une rencontre

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